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Vendredi 7 décembre 2007

Parce qu’il n’y a pas que les sondages  d’ Opinion-way (filiale de Bolloré), dans la vie, on se reportera a celui d’Angus Reid :


http://www.angus-reid.com/polls/view/29202/harper_and_merkel_admired_around_the_world


Il dit que Poutine est finalement mieux appréci
é que Sarkozy par l'opinion mondiale.
Ce n'est pourtant pas faute a un Sarkozy, faisant des courbettes a Hu Jin tao, prêtant allégeance a Bush, s'apprêtant a recevoir Kadhafi, et félicitant le dit Poutine pour le trucage d'élections comme un Tiberi n'oserait pas le faire.

Il faut néanmoins dire que le sondage est biais
é, car il n'y a pas la France, et nous pouvons  être sur que Sarkozy y ferait un score digne de Poutine en son pays.


On trouvera croustillant le fait que les chefs de gouvernement les mieux appréciés au monde, sont plutôt du genre a recevoir le Dalaï Lama, et ceci jusqu'en Chine, ou un Harper (Canada)  et une Merkel (Allemagne) sont au moins aussi apprécié qu'un Sarkozy allant faire le kowtow a Pékin sous les acclamations de la presse française qui seront unanimes (peut-etre se  f
élicite t'elle du fait que cela permet de donner de l'ouvrage à l'usine Airbus en construction a Tianjin, chargée d'assembler les A320, que le VRP Sarkozy aura "vendu" en Chine).


Finalement, peut-être que le Sarkozy d'avant les élections présidentielles avait raison: "
à transiger sur les valeurs,..."

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Lundi 21 mai 2007

Nicolas Sarkozy, s’est affiché à plusieurs reprises en tenue décontractée.

Alors que la presse française a beaucoup glosé sur les tailleurs de Ségolène  Royal, lui reprochant à l’occasion tel ou tel couleur, elle reste étrangement silencieuse sur la garde robe de Nicolas Sarkozy [5].

 

Pendant la campagne, lors de son voyage vers les Antilles, On l’a vu en polo Ralph Lauren, exhibant fièrement une bannière étoilée [1]. On peut pensé qu’en d’autre pays, l’anecdote eut été reprise par les journaux et l’opposition : La France n’aurait elle pas une filière textile ? Serait il honteux d’en arborer ses couleurs ?

 

Plus tard, lors d’un séjour à Malte, la presse française, expliquait que le  bateau, hébergeant Nicolas Sarkozy, était doté d’un Karaoké, ce qui était apparemment synonyme de luxe. La presse anglo-saxonne elle s’est plutôt arrêté sur le T-shirt arboré par l’impétrant : Un T-shirt de La police de New York (NYPD). Là encore on peut trouver surprenant que le président de la République Française fasse office d’homme sandwich au profit d’une force de police américaine [2].

 

Plus récemment une fois son entrée en fonction officielle passé, Nicolas Sarkozy semble s’habiller en Nike de la tête au pied, pour ses joggings.

 

Curieusement la presse glosera sur les joggings mais pas sur le choix de la marque qui n’a rien d’innocent.

 

Nike est une marque symbolique et repris comme tel par certain dans leur combat [3]. Symbolique, parce que

 

Nike, c’est le triomphe absolu de la marque sur le produit :

Le modèle de marketing de Nike est un modèle du genre. Au contraire du modèle de développement courant d’une industrie qui  s’appuie sur la qualité d’un produit « ancre » pour développer son image. Nike, dans un environnement la différentiation qualitative de produit est peu porteuse, est partie de l’image [4], qui est le cœur du succès de cette marque, comme véhicule pour vendre des, et pas ses, produits, comme d’autre font du merchandising autour d’un film ou d’un évènement sportif. En bref, avec le modèle économique de  Nike: c’est la marque qui fait le produit plutôt que le produit qui fait la marque. Donc le produit devient secondaire, et cela à une conséquence qui fait une autre particularité de Nike :

 

C’est une entreprise sans usine :

 

Toute, absolument toute la production de Nike est sous-traitée, souvent dans des pays le travail infantile est pratique courante, parfois dans des pays réputétolérer l’esclavage.

Les pratiques peu éthiques acceptées par la marque ont été largement dénoncées dans la fin des  années 1990. Depuis Nike, pour qui l’image est son moteur de développement, a pris conscience du problème et a révisé ses pratiques, mais il n’en reste pas moins, que s’afficher en Nike ou pas, fait partie d’une certaine démarche militante ou citoyenne.

 

On pourra facilement associer le triomphe de Nike, et du modèle économique afférent, à la mort de la filière textile nationale, et plus assurément a une certaine conception du co-développement!

 
Dans ce contexte, où l'image est
importante, il est extrêmement curieux de constater que le président de la République française « just do it ». Mais peut-être que le Président Georges Washington Bush, fait du vélo habillé par « Le coq sportif »…qui sait ?


[1] Ds l'avion l'acheminant vers les Antilles, lors du voyage du 23 Mars 2007

[2] Les lunettes de soleil portée à l’occasion sont une copie de celles utilisées par la police sur motocyclette de Californie.

[3] Michael Moore, et surtout Naomi Klein: “No Logo”, 2000.

[4] Michael Jordan, basketteur célèbre des années 90, en sera le véhicule moteur.

[5] Ségolene Royal s'habille apparememnt souvent chez http://www.zara.com/ pour dernierement préferrer des griffes francaises:  http://www.gerarddarel.fr/, et parfois, la plus exclusives boutique: http://www.paule-ka.com/. Nicolas Sarkozy semble preferer porter des costumes de chez http://www.dior.com (Associated Press, 6 Mai 2007)

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Jeudi 17 mai 2007

Entre autre promesse électorale, Nicolas Sarkozy a commis la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale [1]. La presse a naturellement prédit et continue à prédire Rachida Dati pour ce poste.

 

Nous pensons l’hypothèse peu probable.

 

Elle est d’un conventionnel acculé, où Rachida Dati, jouerait l’immigrée de service dans le ministère ghetto ad-hoc. Globalement on serait dans la même caricature d’ouverture aux minorités que celle intronisant Azouz Begag ministre délégué à l’Égalité des chances.

 
Elle est de nature à effaroucher l’électorat frontiste sans pour autant impressionner la jeunesse issue des minorités visibles.

 

Le ministère de l’immigration et de l’identité nationale

 

C’est un ministère qui sera essentiellement symbolique, dans un domaine ou le contrôle de la communication sera fort important.

Il faut donc une personne, ayant l’expérience en ce domaine, et qui puisse donner des gages en matière de  patriotisme, sans pour autant être accusé de xénophobie. Une personnalité aurait l’avantage d’illustrer que l’on prend le sujet avec sérieux.

 

On pensera bien sur à l’ancien mentor de Mr Fillon, Philippe Seguin, qui a eut le bon goût de conduire la fronde à l’Europe de Maastricht lors du referendum de 1992.

 

Voilà qui devra rassurer la frange droite de l’électorat qu’il convient de maintenir mobilisée sur les candidats de la droite républicaine, pour éviter de potentielles triangulaires, sans pour autant offrir d’angle d’attaque à la gauche, comme pourrait l’être la nomination de Christine Boutin dont les vues sur la famille, sont plus en ligne avec le wahhabisme le plus orthodoxe qu’avec celle largement acceptées par les français.

 

Reste que Philippe Seguin n’a que très peu à gagner et beaucoup à perdre dans ce ministère controversé…

 

 

Rachida Dati.

 

Sans expérience gouvernementale précédente, et encore jeune, on peut penser qu’il est prématuré de lui donner un ministère régalien, qu’on suspectera facilement d’être obtenu plus par « affirmative action » que par « mérite républicain ».

 

Les poids lourds de l’UMP pourraient trop publicisé leur amertume, à voir trop de postes préemptés à leur détriment, mais Mr Sarkozy est suffisamment avisé pour ne pas la cantonner a un rôle de porte parole de l’immigration non plus. Elle à le potentiel d’une Condi Rice, ou d’un Colin Powell,  à la française , et c’est l’image que recherche Mr Sarkozy avec justesse. Là encore, il prend la gauche à revers sur une de ses chasses gardées [2].

 

Logiquement, Mme Dati, devrait donc hériter d’un vrai ministère, anti chambre d’un ministère régalien, du type ministère du Budget.

 

mais cela est sans compter quelques paramètres jouant en sa faveur :

 

La volonté de nommer un gouvernement resserré avec seulement 15 ministres (ce qui ne laisse pas de place pour un ministre de plein droit au budget) et surtout la volonté de parité, qui devrait aussi s’illustrer dans les ministères régaliens

 

Il est cité Christine Lagarde, à la Justice. Cependant son cursus là destine plus à un ministère en prise sur l’économie.

 

La presse donne les finances publiques à Xavier Bertrand : Il a fait campagne contre le traité de Maastricht, est ce un bon signal envoyé a nos partenaires européens ? A moins que ce soit celui voulu...

Christine Lagarde semble une meilleure alternative : cela ouvrirait alors  la Justice à Rachida Dati, la 3ième femme, avec Michèle Alliot Marie en mesure de prendre un ministère de premier plan

Bien que la Justice soit un ministère régalien, il reste peu exposé, et très technique, et Mme Dati, magistrate de formation, pourrait trouver ses marques relativement rapidement.

La promotion par « affirmative action » serait de toute façon extrêmement périlleuse à critiquer ouvertement, obligeant là encore la gauche à avaler son chapeau...

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Mercredi 16 mai 2007

Le  ministère de l’intérieur ou de la sécurité publique détient la clé de la réussite des réformes de Nicolas Sarkozy.

 

En effet nul doute que ces dernières, pour certaines bousculant de fort corporatisme, engendreront de profonde hostilité de la part des corporations concernés, et on le sait les manifestations, soigneusement noyauté pour mieux les discréditer, peuvent aussi engendrer quelques incontrôlable débordements. Notamment  ces périodes tumultueuse incite à grande prudence :

 

Rien de tel qu’une manifestation gauchement réprimée pour enterrer une réforme !

 

Nicolas Sarkozy qui a de grand dessein pour l’université, se rappellera de l’affaire Malik Oussekine [1], dommage collatéral de la politique de sécurité du couple Pasqua/Pandraud, qui enterrera la réforme Devaquet sur la sélection à l’université, laquelle est au programme de Mr Sarkozy.

 

Pour ce faire, Nicolas Sarkozy voudra garder la haute main sur le maintien de l’ordre.

Claude Guéant, son éminence grise, est l’homme de la situation : son curriculum est impressionnant et ses réseaux aussi influent qu’important.

 

Affichant une image de fermeté, sans être provocatrice, il est  peu disert, mais efficace. Collaborateur de Sarkozy, c’est un gage de continuité dans un ministère ou le bilan, à tort ou a raison, est bien perçu par les français.

 

Des impondérables externes trouble ce bel ordonnancement :

 

Claude Guéant lui-même, homme de l’ombre, pourrait préférer un poste de pouvoir moins exposé, mais non moins redoutable, qui est celui de secrétaire général à l’Élysée, où il serait difficile de trouver un remplaçant.

 

Brice Hortefeux, pressenti par les médias, pourrait être un choix risqué : la fidélité ne remplace pas la compétence, et ce n’est pas faire injure à Mr Hortefeux, de dire qu’il n’a pas forcément l’expérience et surtout la carrure pour ce poste stratégique eut égard au programme gouvernementale et l’État de la France. L’Équipe Élyséenne de par son cursus, ne pourra s’empêcher d’interférer dans la conduite du ministère : cela est de nature à froisser les susceptibilités d’un fidèle de longue date et la confiance qu’apporte la fidélité peut être mieux récompensé à d’autres postes. DE plus, d'autre prétendant rendre l'hypothèse Hortefeux peu probable:

 

L’épine la plus problématique pourrait être Michèle Alliot Marie

 

Mme Alliot Marie est une incontournable du prochain gouvernement.

 

D’une part, Mr Sarkozy s’est engagé à une certaine parité dans la composition du gouvernement, qui pour être pris au sérieux demande au moins une femme à un ministère régalien : une main suffit largement à compter les prétendantes sérieuses.

 

D’autre part, Mme Alliot Marie à été la seule potentielle candidate sérieuse à contester l’omnipotence de Mr Sarkozy à l’UMP. Elle représente donc un signe d’ouverture interne à l’UMP, évitant quelques fâcheuses mutineries d’une piétaille qui se sentirait autrement méprisé parce qu’ayant exprimé quelque position discordante avec leur chef, et à l’extérieur de l’UMP, elle colporte une image de parti uni sans être nécessairement asservi, à son chef.

 

De ce constat, Mme Alliot Marie, est en position de force pour réclamer un poste à sa mesure. Elle ne voudrait pas rester enfermer à la Défense, d’autant plus que la potentielle création d’une cellule de sécurité, pourrait rogner ses prérogatives.

 

Elle visait les affaires étrangères, auquel Mr Kouchner lui sera préféré [2]. Le ministère de l’intérieur serait un second choix qui lui sera difficile de refuser.

 

On pourrait penser qu’elle aura exprimé ce choix pour un ministère exposé plus par goût de contrarié la stratégie de Sarkozy, que par dessein personnel : le ministère des Finances eut été plus approprié, et celui de la Justice non dénué d’intérêt, bien qu’offrant une moins exposition médiatique... Ce à moins qu’elle ne craigne de basses opérations de déstabilisation visant une potentielle premier ministrable, et voit, à l’exemple de son illustre prédécesseur, la Place Beauvau, comme le poste avancée permettant de déjouer voir contrôler quelque basse manœuvre.

 

Mr Sarkozy, ne lui offrira l’Intérieur  qu’obligé par les contingences du moment. Il pensera à raison, que depuis l’Élysée, Claude Guéant, appuyé par ses solides réseaux, pourra toujours contrôlé le fonctionnement de ce ministère, et dirigé d’occulte cellule de crise lors des inévitables jacqueries qui agrémenteront son mandat.

 

La nomination de Mme Alliot Marie à l’Intérieur n’est pas sans intérêt pour Sarkozy. Ses prétentions de premier ministrable l’oblige à un ministère dépourvu de bavures incontrôlé, et si tel était le cas malheureux, elle ferait un fusible d’autant plus aisé qu’il existe une solution de rechange disponible en la personne de Claude Guéant.

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Mardi 15 mai 2007

La ré ingénierie de l’État

 

Pour rendre l’Administration plus efficace : il existe 2 avenues non exclusives :

Celle privilégiée par Ségolène Royal est une réorganisation verticale :

c'est-à-dire la réorganisation des différents étages de collectivités locales.

 

Cela part d’un constat juste, la France est connue pour empiler les strates administratives sans jamais élaguer. De fait toutes les dérives dépensières trouvent leur source dans les collectivités locales, qui ont augmentées leur nombres de fonctionnaire de 40% depuis 1992.

 

Autant dire que les opportunités d’économie sont grande. Ceci étant c’est la réforme la plus dure à faire, car l’État n’est pas seul maître à bord. Il doit affronter les baronnies locales, et remettre en cause des structures administratives qui bien qu’obsolètes portent une charge symbolique lourde de sens. On pensera notamment au départements, et bien sur cela amène à faire des arbitrage entre vision jacobine et girondine.

 

Celle privilégiée par Nicolas Sarkozy est une réorganisation horizontale :

 

C'est-à-dire la réorganisation des services de l’État.

 

Ici, le nombre de fonctionnaire a augmenté de seulement 15% depuis 1992, mais le périmètre d’action de l’État s’est réduit entre temps, notamment du fait de la décentralisation. Les économies sont donc possible, même si moins évidentes.

 

Économies moins évidentes, mais aussi moins sujet à controverse puisque cela ne touche pas, ou très peu, à la structure administrative de première ligne en contact avec le citoyen et le périmètre d'action globale de l’État.

 

Économies pouvant être fait à l’occasion d’une re ingénierie des services de l’État, voie dans laquelle l’État est seul maître à bord et donc plus facile à mettre en œuvre rapidement. Il reste à donner à cette re-ingénierie, essentiellement technique, dont le but est une plus grande efficacité de l’État, mais dont la conséquence directe sera une diminution du nombre de fonctionnaire, une image positive et plus parlante qu’un « dégraissage de mammouth », pour rencontrer l’adhésion des français.

 

C’est là que l’initiative de Nicolas Hulot tombe à point nommée et est savamment utilisée par Nicolas Sarkozy.

 

 

Le ministère du développement durable

 

Le 31 Janvier 2007, la plupart des candidats signaient le pacte écologique de Nicolas Hulot [1] prévoyant un poste de vice premier ministre en charge du développement durable.

 

Nicolas Hulot a raison. Un modeste ministère de l’environnement, n’est pas de nature à influer sur les fondamentaux même qui guide le développement de nos sociétés : le développement durable touche à tous les domaines. Il faut donc dépasser ce ministère, strapontin pour l’écologiste de service, et heureusement des hommes politiques avisés en prennent conscience aussi.

 

L’idéal serait donc un ministère du développement durable, qui aurait pour mandat de soutenir le développement économique du pays, tout en s’assurant que ce développement soit durable, c'est-à-dire respectueux de l’environnement. La préservation environnementale ne serait pas une contrainte de plus soumis à tel ou tel projet, mais serait part de sa raison d’être. Cela serait donc un grand progrès, bien plus que symbolique.

 

La mise en place d’un tel ministère, sans doute construit sur les bases du ministère de l’équipement et des transports, pourrait se trouver logiquement adjoint de l’Industrie, actuellement dépendant des finances [2], en plus  de chapeauter les missions de l'actuel ministère de l'environnement.

 

Nous tenons là  l’instrument positif qui permet de mettre en œuvre la re-ingénierie de l’État en lui donnant un sens des plus nobles: qui est contre le développement durable ?  Qui n’a pas applaudi des deux mains le pacte de Nicolas Hulot ?

 

Alain Juppé; ne boudons pas notre plaisir

 

La re-ingénierie de l’État est chose qu’on ne peut laisser au néophyte. L’erreur gèlerait toute velléité pour le reste du mandat. Cela  bousculera des grands corps d’État parmi les plus prestigieux tel ceux des Mines et des Ponts, ou Télécoms, dont l’ego n’a d’égal que la pesanteur de leur us : il faut donc leur opposer une personnalité à leur mesure.

 

Par ailleurs le symbole est important, il faut donner à ce ministère du développement durable, figure de proue de la ré ingénierie de l’État  l'ascendance d’un ministère régalien, pour asseoir son autorité en interne (sur les différents corps d’État) et en externe sur le public.

 

D’un point de vue politique à plus court terme, le but de l’opération est aussi de lui donner l’aura promise à la signature du pacte de Nicolas Hulot, ce qui à le mérite de faire bonne figure sur une promesse ou honnêtement on attendait peu de Nicolas Sarkozy : opération qui aura l’effet de préempter un domaine traditionnellement monopolisé par la Gauche. La manœuvre sera extrêmement difficile pour la gauche à contrer qui payera très cher son manque d’ambition en la matière [3].

 

 

On l’aura compris, Alain Juppé, ancien premier ministre, apporte cette aura, et l'autorité permettant de mener à bien l’opération de ré ingénierie, qui fera de ce ministère plus qu’un symbole [4]. Sans doute Nicolas Hulot n’en espérait pas tant.

 

Alain Juppé, même si cela lui est venu sur le tard, puisque l’homme a souvent été mal inspiré, n’ignore pas l’importance croissante des questions d’environnement dans lesquelles il s’ébroue depuis son séjour au Canada  Il verra là un domaine à sa dimension, lui permettant d’occuper le centre de gravité du  gouvernement, et ou il pourra laisser son empreinte durablement sur l’organisation de l’État.

 

Et puis, l’initiative de son ami Jacques Chirac sur les Nations Unis de l’environnement, laisse augurer d’une visibilité internationale offrant des opportunités d’avenir intéressante, pour Mr Juppé qui aura 72 ans en 2017.

 

Vers un ministère de la gestion des ressources naturelles ?

 

Bien sur, Mr Juppé voudra le périmètre le plus large possible pour son ministère, éventuellement incluant la gestion des ressources écologiques, c’est-à-dire l’actuel ministère de l’agriculture (et pêches).

 

Cela ne sera sans doute pas possible et n’est pas souhaitable. Les syndicats agricoles ont de solides arguments au maintien d’un ministre de l’agriculture, pouvant traiter à égalité avec ses partenaires  au Conseil des ministres de l’Europe. De plus les agriculteurs sont une réserve de voix de droite qu’il faut ménager, et il n’est pas sur qu’ils prennent avec flegme la subordination de leur service à celui du développement durable.

 

Il est portant tout aussi anachronique de conserver un ministère de l’agriculture concernant moins de 3.6% de la population active, ou encore moins de 750000 personnes. Mais il n’est pas forcément souhaitable de faire du ministère du développement durable un mammouth écrasant les autres ministères.

 

Il serait plus sage de compléter le ministère du développement par un ministère de gestion.  L’évolution du ministère de l’agriculture en un ministère de gestion des ressources naturelles ou écologiques serait sans doute la voie la plus aisée. Il reprendrait donc les missions du ministère de l’agriculture, augmenté de celle Eaux et Forêts (ONF), actuellement dépendant du ministère de l’environnement, mais aussi potentiellement celui du tourisme [5].

 

Bien sur, le gouvernement ne voudra pas effaroucher son électorat rural par quelque trop grande restructuration ministérielle, et ce grand ministère gestionnaire ne fera sans doute pas parti de la première mouture gouvernementale.

 

Il pourrait l’être à l’occasion d’un remaniement de mi-mandat, permettant de tirer les enseignement de l’expérience du ministère du développement durable, et d’utiliser ses meilleurs artisans pour mener à bien la mutation écologique du ministère de l’agriculture qui en le domaine à la fibre extrêmement sensible !

 

Cette mutation pourrait arriver fort opportunément dans la foulée des élections municipales, donnant prépondérance au vote rural, de 2008…


[2] Avec, l’industrie suivrait logiquement le commerce…bref l’économie, puisqu’elle est au cœur du développement durable. On retrouverait là un grand ministère rappelant notamment le METI japonais, qui a inspiré d’autre pays. On comprend aisément que le centre de gravité du gouvernement ne serait plus au ministère des finances. Le titulaire des finances publics devrait être une personne capable de faire passer cette pilule, tout en étant capable de bien travailler avec Juppé.

[3] Cela entre autre met en exergue l’archaïsme du parti socialiste en matière environnementale, qui n’a jamais pensé l’environnement autrement que comme une contrainte  politique avec laquelle il fallait faire avec. Cela était notamment manifeste sous Lionel Jospin, qui devait composé avec le paradigme productivistes des Communistes, vu comme une autre contrainte.

[4] Nathalie Kosciuscko-Morizet, nom souvent cité, n’a pas encore  les atouts et le charisme de Juppé pour mener a bien cette mission. Il est plus probable de la voir secrétaire d’État ou ministre délégué auprès de Juppé.

[5] On pensera à la préservation de la  faune sauvage qui est un moteur touristique, mais impose des contraintes sur l’agriculture ou l’élevage, voir notamment, "Au pays des Ours", http://enguerrand.over-blog.org/article-2621011.html 

Par Enguerrand - Publié dans : France
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