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Mercredi 11 avril 2007 3 11 /04 /2007 07:03

La mondialisation amène des biens importé de  pays n’offrant pas la même couverture sociale qu’en France, couverture qui a un coût, lequel est intégré dans celui du produit, ce qui donnerait un avantage compétitif au pays à faible couverture social. C’est le « Dumping social ».

On notera que le « Dumping social » est difficile à définir, car ce n’est pas parce qu’un état n’assure pas ou peu de protection sociale, que ses salariés n’en bénéficie pas à titre privé, ce qui pèse sur les salaires et donc sur les coûts de production. On s’accordera à dire qu’on n’a jamais parlé de « dumping social » pour expliquer la compétitivité de Boeing vis-à-vis d’Airbus…et pourtant !

Cependant, c’est pour combattre les effets du dit « dumping social » que la TVA dite « sociale », à l’image de ce qui se fait au Danemark (TVA à 25%) a été introduite dans le débat public.

Si le prétexte à son introduction est relativement spécieux, est ce que l’idée est mauvaise pour autant ?

L’idée consiste à transférer des charges sociales pesant sur le coût du  travail, vers la consommation: On trouvera de nombreuses critiques sur ce transfert que l’on peut résumé essentiellement à

D’une part :

-Cela fera augmenter les prix et donc réduira le pouvoir d’achat des consommateurs et une conséquence sera une augmentation des salaires qui renchérira les coûts de production.

Critique fallacieuse s’il en est, car si effectivement une augmentation de TVA se traduit par une augmentation de prix, l’augmentation des salaires permise par le transfert de charge, permettra de plus que maintenir le pouvoir d’achat des salariés sans pour autant renchérir le coût du travail (ce grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale).

L’honnêteté reviendrait à dire que l’opération est au pire blanche, pas tout à fait car elle est plus favorable aux secteurs fort consommateur de masse salariale (services). Cela revient à une dévaluation monétaire car renchérissant le coût des biens importés et réduisant les coûts à l’exportation [1], ce qui ne serait pas permis par un transfert vers l’impôt sur le revenu qui est une autre option possible.

D’autre part :

-Il est injuste de faire reposer le coût de l’assurance sociale sur les consommateurs, voir les étrangers, plutôt que sur les assurés et la TVA est un impôt régressif qui frappe plus lourdement les « petits ».

Si on veut suivre cette logique, on notera qu’une grande parti des inactifs (les retraités) ne participe pas au financement de l’assurance maladie, et pourtant en bénéficie. Et si on veut pousser cette logique d’assurance plus loin, les cotisations ne devraient pas être assise sur les salaires, mais sur les risques.

Il y a en fait deux raisons moins prosaïque en soutien de ces assertions, la première avancées par les milieux libéraux français et la seconde par les milieux syndicalistes et que la gauche a fait sienne.

Les libéraux sont favorables à un régime de couverture sociale privé, et la dilution de son financement via des prélèvements indirects, rend la perspective plus difficile à mettre en œuvre, pendant que les syndicats y voient eux une perte de légitimité de leur gestion paritaire des organismes sociaux.

En réponse à l’inquiétude syndicale, on notera que la CSG [2] s’applique à tous les revenus sans que cela n’ait remis en cause la gestion paritaire, modèle issu de 1945, époque où la représentativité syndicale était autre que ce qu’elle est aujourd’hui et qui ne trouve par ailleurs aucun équivalent en Europe, la norme est plutôt le financement du modèle social par l’impôt « généralisé » [3]. D’autre part, il s’agit d’un transfert qui ne pénalise pas les « petits » salariés, mais pourrait effectivement se faire au détriment des non-salariés (retraités).

 

Pour l’exemple , une réduction de charge de 6 points pour la part salariale et de  6 autres point pour la part patronale, représentant environ 30 Milliards peut-être compensée par une hausse de 3 points de la TVA.

 

L’élargissement de l’assiette de prélèvement permise par le transfert vers la TVA, permet clairement et significativement  d’abaisser le coût du travail  tout en maintenant, sinon augmentant le pouvoir d’achat des salariés, et ce en ne transférant aucunement des charges liés intimement au travail (cotisation retraite et assurance chômage), mais au contraire des charges, liés à des prestations sociales collectives ouvertes à tous, comme les Allocations familiales ou le fond logement, et dont on ne voit pas pourquoi elles devraient faire l’objet d’un financement spécifique par le salariat [4].

Du fait de gain sur le coût du travail, l’augmentation de prix résultant serait probablement inférieur à 3%, et en fait plus près de 1%, voir nulle pour les bas revenus dont l’essentiel de la consommation est taxé à 5.5%, qui ne bénéficierait que des effets positifs de la réforme.

 

Des mesures comme le relèvement des « petites » retraites [5], dont le coût peut-être estimé à 1 milliard d’€ (c'est-à-dire ~3% des transfert), pour compenser la diminution de  pouvoir d’achat des non-salariés (notamment inactif retraités) pourraient être nécessaire rendant les gains salariaux un peu moindre, mais on reconnaîtra que la marge de manœuvre est grande.

 

On est donc loin d’une opération blanche, comme l’exemple danois le confirme.

 

Pourquoi alors se limiter à 3% ?

 

Car il ne faut pas introduire non plus trop de distorsion avec les pays voisins :

L’Allemagne augmentant sa TVA de 16 à 19%, l’écart en point avec la France serait conservé ce qui maintiendrait le statu quo actuel [6]

Chacun reconnaît que le coût du travail est un frein à l’emploi, et son abaissement, à pouvoir d’achat maintenu, est de nature à favoriser celui-ci.

Si l’on exclut le cas de Dominique Strauss Kahn [7] qui suit la discipline du PS, il est curieux que mis à part François Bayrou, aucun autre candidat, n’a franchement proposé cette TVA « sociale ». On est ici dans un parfait exemple où la collusion d’intérêts fort divergents, neutralise d’une part l’UMP, et d’autre part le PS ce qui conduit à l’immobilisme actuel sclérosant la société.

Dans ce contexte, l’intérêt soudain de Nicolas Sarkozy pour la mesure est bienvenue, on regrettera le manque de témérité de François Bayrou sur un sujet il est vrai difficile à vulgariser et on se gaussera à juste titre de voir les thuriféraires du modèle nordique venir maintenant nous expliquer que cette TVA sociale ne peut pas marcher en France ! 

[1] ce qui est effectivement le cas comme on le verra plus loin (dévaluation, méthode plus directement utilisé par les USA afin de maintenir l’activité économique à flot)

 

[2] Introduite par Michel Rocard en 1991, et déjà en sont temps mal accueilli et par la droite et par la gauche syndicale

[3] Norme en fait à laquelle tend doucement  la France avec la CSG constituant déjà 20% des ressource de la sécurité sociale

[4] Pour voir quelle charges peuvent être concernées, voir l'éxotisme des prélèvements à http://www.net-iris.fr/indices-taux/4-taux-et-assiette-des-cotisations-sociales.php

 

[5] Voir http://www.debat2007.fr/index.php?id=23 pour le coût de queque mesure phare proposée par les candidats à la présidentielle

[6] On notera que dans les pays Nord Américain, et à l’intérieur même des pays, l’écart en point sur les taxes de ventes peuvent être de plus de 14 points, comme par exemple entre l’Oregon et l’État de New York aux États-Unis ou de 7 points entre la Colombie-Britannique et l’Alberta aux Canada.

[7] Yves de Kerdrel, “La TVA sociale est elle une panacée”, le figaro, 13 mars 2007.

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /2007 08:46

L’introduction de la proportionnelle aux élections législatives fait parti des revendications et mesures promises plus ou moins tardivement par les candidats

Celle-ci peut se faire suivant plusieurs façon: ces dernières ne sont curieusement pas très développées sinon pour expliquer que la proportionnelle de droite serait une imposture et celle de gauche rendrait la France ingouvernable. On peut néanmoins estimer que le type de  proportionnelle choisi serait à l’avantage du parti l'introduisant puisqu'en laissant le législateur modifier son propre mode de nomination, on introduit un conflit d’intérêt possiblement au détriment de  l’intérêt général et plus généralement de l’électeur: cela pose  plusieurs questions:

Pourquoi la proportionnelle? Et pourquoi serait ce aux élus et partis, juge et parti en la matière, de choisir de leur mode d'élection?


Tout d’abord:

le mode de scrutin devrai il être revu ?

 

L’étude de l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électoral [1] présente le système français comme celui qui donne les résultat les plus disproportionnés dans les démocraties occidentales, une grande fragmentation des partis, mais aussi est un système qui est considéré  comme étant une source d’inefficacité économique du au fréquence d’alternance de bloc très polarisé empêchant une continuité d’action politique. Devant tant de « tares », il est donc légitime de s’interroger sur notre système électoral. Mais il serait aussi légitime de s’interroger sur les différentes options offertes. La proportionnelle étant une option parmi d’autres, on peut s’étonner que les autres soient évacuées du débat sans autre forme de procès, ce qui introduit la  question suivante

 

Le mode d'élection  doit il être décidé par les élus et partis concernés au risque de conflit d’intérêt évident ?

 

Au Canada, où c’est le système britannique du « first past the post » qui est remis en cause, la question a été tranchée :

Le rôle de faiseur de proposition est donné à une assemblée de citoyen, donc n’ayant pas d’intérêt autre que celui de l’électeur dans un mode de scrutin ou un autre. La proposition du changement de mode de scrutin est alors validé par referendum.

 
Ainsi c’est ce qui a été fait en Colombie Britannique [2]  puis en Ontario [3]. L’assemblée de citoyen britanno-colombien; composé d’électeurs choisi par tirage au sort; ayant fait un travail et des propositions que d’aucun ont salué de haute teneur, a servi  de modèle à l’Ontario.

Ainsi, les propositions faites par l’assemblée, bien que n’ayant  pas remportées l’adhésion formelle des partis de pouvoirs, ont, a contrario, remportées l’adhésion des citoyens à 57% par référendum ! 

 

De l’exercice mené par l’assemblée citoyenne de Colombie Britannique, on peut en conclure que le citoyen ordinaire, et non pas la société civile, qui ne représente en fait qu’une collection de lobbies plus ou moins honorable et organisé,  est parfaitement à même de s’éduquer sur des questions complexes et qu’il est à même au sein d’une assemblée, ayant l’humilité d’écouter la parole d’expert, et aidé des différentes contributions qui lui sont soumises, d’établir des propositions reflétant au mieux les intérêts du citoyen.

 

Un résultat hautement intéressant est qu’alors que cette assemblée citoyenne avait été mise en place pour une réflexion sur l’introduction de la proportionnelle dans les élections, celle-ci a préféré un mode de scrutin dit du « single transfert vote », sur le modèle Irlandais. C'est-à-dire un mode de scrutin qui à l’originalité de permettre de remettre en cause les choix d’investiture fait par les partis et de préserver l’ « accountability » de l’élu vis-à-vis de son électorat.

Ce mode de scrutin n’était pas spontanément proposé par les partis en place... comme evidemment en France où par ailleurs l’ « accountability » est si étrangère à la vie politique, qu’il n’existe pas de mot français équivalent.

 

Qui à parlé de démocratie participative en France ?



[1] “Electoral System Design - The New International IDEA Handbook”, Stockholm, 2005, www.idea.int

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /2007 09:05

Un 2 Decembre, 2003, la date est importante, le National Post, l’équivalent canadien du Figaro, titrait “Martin a voyagé sur des jets privés” [1]. La Belle affaire ! En effet alors qu’il était ministre des finances du Canada, et donc en position de prendre des décisions majeures affectant les affaires de ses amis muli-millionaire, Paul Martin a accepté des invitations de ces derniers qui lui ont mis gracieusement, qui un jet privé, qui un WE dans un modeste chalet en Colombie britannique, à sa disposition. Chose que la loi  canadienne impose de déclaré puisque le montant du cadeau est supérieur à $200 ! Canada Dura lex, Sed lex !

Au Canada, les abonnement de bus payé aux employés son considéré comme des avantages en nature et donc imposé sur le revenu ! alors les voyages de courtoisie en jet privé… même si ils ne grèvent pas les finances de l’état, pensez donc !

Face au scandale, Paul Martin aura remboursé à ses amis le coût de leurs largesses évidemment désintéressées, mais cela ne suffira pas. Le gouvernement, sera défait, provoquant des élections anticipées qu’il perdra.

Cela rappellera cet autre scandale canadien dit du Beauharnois [2] :

Mackenzie King, alors premier ministre, avait fait une croisière à bord du Yacht de Wilfrid Laurier McDougald aux îles Bermuda. C’était aux environs de 1923 . Hors il s’avérait que Wilfrid Laurier McDougald alors sénateur, avait quelque intérêt à s’attirer les faveurs du gouvernement, puisqu’il était aussi PDG d’une compagnie d’électricité qui cherchait à acquérir les droits d’exploitation hydroélectrique de la rivière du Beauharnois.

Les gens pensant vraiment à mal y on vu un lien de cause à effet.  Devant les insinuations sans doute infondé, Wilfrid Laurier du démissionner de son poste de sénateur, et la carrière de Mackenzie King, qui s’est défendu de connaître le conflit d’intérêt de Wilfrid Laurier, fut sérieusement endommagé.

Depuis des lois sur les conflits d’intérêt préviennent ce genre de mésaventure appartenant a un temps révolu, puisque les anglo-saxons ont une curieuse conception de la nature humaine : ils estiment d’une que les cadeaux ne sont jamais désintéressé et de deux qu’ils pourraient obliger le receveur !

Donc, au Canada, on n’accepte pas de cadeau (ou de service ayant une valeur monétaire non négligeable), et ce d’autant plus qu’on est dans une position permettant de favoriser le généreux offrant : On appelle ce curieux comportement l’« ethic »…

Pourquoi ce rappel déjà ?

Serait à cause de Napoléon (d’où le 2 Decembre) ? Après tout, si nous étions quelques chevaleresques  îliens perdus au milieu de la Méditerranée, voyant un Napoléon que nous n’avons pas choisi, avec des volontés de réforme, nous nous cotiserions sans doute pour le maintenir au large, auquel cas il n’y a pas de conflit d’intérêt, voir de corruption.

[1] Robert Fife, “Martin took rides on private jets”, National Post, Dec 2th, 2003,

[2] http://www.cbc.ca/news/viewpoint/vp_zolf/20031204.html, voir aussi; "Scandal in Power", Time, August 3th, 1931; et; T.D. Regher. "Beauharnois Scandal: A story of Canadian entrepreneurship and politics", University of Toronto Press, Toronto, 1990.

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /2007 03:09

La dernière rumeur, fait état de Kouchner au ministère des affaires étrangère, c’est  la plus plausible.

Du point de vue de Bernard Kouchner : en 2012, il aura 73 ans, et éventuellement un rhumatisme gênant, autant dire que sa carrière politique sera derrière lui : C’est aujourd’hui sa dernière fenêtre d’opportunité pour décrocher un ministère régalien.

 

Quand bien même si d’aventure les socialistes arrivaient au pouvoir, ses prises de position passées lui interdisent tout rôle de premier plan dans un gouvernement de gauche : Soutien à Bayrou avant le premier tour, et surtout soutien à l’intervention en Irak. Un soutien qui l’écartera de toute nomination à un poste de premier plan dans les organisations internationales (OMS et UNHCR)

 

Et c’est là que le point de vue de Sarkozy entre en jeu.

 

Kouchner est globalement la seule personnalité française ayant l’étoffe d’un ministre des affaires étrangères ayant soutenu l’intervention en Irak. Il est globalement sur les mêmes lignes que Sarkozy en la matière. Lignes qui si elles n’ont jamais été déclinée, clairement, par le candidat lui-même [1], l’ont été par le choix fait des intervenants encensant sa politique étrangère : André Glucksmann, dont les positions interventionnistes en Irak, et ailleurs, sont bien connu, était le choix pour le meeting de Bercy [2] point d’orgue de sa campagne.

 

Kouchner est donc un excellent candidat, pour donner des gages à Washington, et pour  infléchir la politique française vers plus d’atlantisme [3]. Un excellent candidat aussi sur le plan intérieur, puisque jouissant d’une cote de popularité qui à toujours été élevé et parce que venant de la gauche, il permet la mise en œuvre d’une politique étrangère, plus difficilement critiquable par cette même gauche. En ce sens il a plus de latitude pour mettre en œuvre une politique pro atlantiste que n’importe quel autre personnalité française.

 

 

Enfin, cela permet de jouer l’ouverture, minant la campagne législative des socialistes, voir de Mr Bayrou :

Il sera en outre beaucoup plus difficile pour le PS de critiquer un Kouchner que le félon Besson.

 

Notez que l’ouverture n’est pas la raison première motivant  la nomination de Kouchner, alors qu’elle pourrait l’être dans le cas de Hubert Védrine [4]. Une raison qui si elle était la seule,  le mettrait en position précaire  : Après les législatives, les raisons de jouer l’ouverture pourraient, selon toute vraisemblance, disparaître, les personnalités de gauche devenant les premières victimes de l’inévitable remaniement ministériel suivant le résultat des législatives.

 

On pourra penser que Bernard Kouchner ne s’est sans doute pas engagé en politique pour le plaisir de faire allégeance stérile à un parti, mais pour agir. Ce sera sans doute la dernière occasion qui lui sera donne dans sa carrière de le faire dans un domaine qui lui tient à cœur. Et  force est de  reconnaître que Kouchner semble faire un bien meilleur médecin au Quai d’Orsay que le courant.

 

La stratégie de Sarkozy, pour machiavélique qu’elle puisse être, n’en est pas moins à saluer comme un modèle du genre.



[1] Il ne faudra pas se laisser abuser par le discours du 6 mai 2007, où Sarkozy dit à propos des USA «Je veux leur dire que la France sera toujours à leurs côtés quand ils auront besoin d’elle. Mais je veux leur dire aussi que l’amitié c’est accepter que ses amis puissent penser différemment… », et prendra pour exemple de différent...  le réchauffement climatique !

Par ailleurs, Sarkozy, ces 5 dernières années s’est exprimé sur quasiment tout les sujets, et les rares fois ou il s’est exprimé, sur l’invasion en Irak, s’obligeant à une certaine réserve en le domaine, c’était pour critiquer la position française, critique énoncé, qui plus est à des interlocuteurs étrangers, alors qu’il était en voyage officiel aux États Unis ( voir Antoine Gurial : « Chirac juge « lamentable » l’atlantisme de Sarkozy », Libération, 18 Septembre 2006).

[2] Meeting tenu le 29 Avril 2007

[3] Et aussi une politique moins pro arabe, comme peut le laisser penser l’origine familial de Bernard Kouchner, et en cela plus en ligne avec celle de Jospin.

[4] Dont le nom porté à la rumeur, permet de mieux masquer les raisons profonde du choix de Kouchner sous l’écran de l’ « ouverture ».

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Mardi 15 mai 2007 2 15 /05 /2007 00:00

La ré ingénierie de l’État

 

Pour rendre l’Administration plus efficace : il existe 2 avenues non exclusives :

Celle privilégiée par Ségolène Royal est une réorganisation verticale :

c'est-à-dire la réorganisation des différents étages de collectivités locales.

 

Cela part d’un constat juste, la France est connue pour empiler les strates administratives sans jamais élaguer. De fait toutes les dérives dépensières trouvent leur source dans les collectivités locales, qui ont augmentées leur nombres de fonctionnaire de 40% depuis 1992.

 

Autant dire que les opportunités d’économie sont grande. Ceci étant c’est la réforme la plus dure à faire, car l’État n’est pas seul maître à bord. Il doit affronter les baronnies locales, et remettre en cause des structures administratives qui bien qu’obsolètes portent une charge symbolique lourde de sens. On pensera notamment au départements, et bien sur cela amène à faire des arbitrage entre vision jacobine et girondine.

 

Celle privilégiée par Nicolas Sarkozy est une réorganisation horizontale :

 

C'est-à-dire la réorganisation des services de l’État.

 

Ici, le nombre de fonctionnaire a augmenté de seulement 15% depuis 1992, mais le périmètre d’action de l’État s’est réduit entre temps, notamment du fait de la décentralisation. Les économies sont donc possible, même si moins évidentes.

 

Économies moins évidentes, mais aussi moins sujet à controverse puisque cela ne touche pas, ou très peu, à la structure administrative de première ligne en contact avec le citoyen et le périmètre d'action globale de l’État.

 

Économies pouvant être fait à l’occasion d’une re ingénierie des services de l’État, voie dans laquelle l’État est seul maître à bord et donc plus facile à mettre en œuvre rapidement. Il reste à donner à cette re-ingénierie, essentiellement technique, dont le but est une plus grande efficacité de l’État, mais dont la conséquence directe sera une diminution du nombre de fonctionnaire, une image positive et plus parlante qu’un « dégraissage de mammouth », pour rencontrer l’adhésion des français.

 

C’est là que l’initiative de Nicolas Hulot tombe à point nommée et est savamment utilisée par Nicolas Sarkozy.

 

 

Le ministère du développement durable

 

Le 31 Janvier 2007, la plupart des candidats signaient le pacte écologique de Nicolas Hulot [1] prévoyant un poste de vice premier ministre en charge du développement durable.

 

Nicolas Hulot a raison. Un modeste ministère de l’environnement, n’est pas de nature à influer sur les fondamentaux même qui guide le développement de nos sociétés : le développement durable touche à tous les domaines. Il faut donc dépasser ce ministère, strapontin pour l’écologiste de service, et heureusement des hommes politiques avisés en prennent conscience aussi.

 

L’idéal serait donc un ministère du développement durable, qui aurait pour mandat de soutenir le développement économique du pays, tout en s’assurant que ce développement soit durable, c'est-à-dire respectueux de l’environnement. La préservation environnementale ne serait pas une contrainte de plus soumis à tel ou tel projet, mais serait part de sa raison d’être. Cela serait donc un grand progrès, bien plus que symbolique.

 

La mise en place d’un tel ministère, sans doute construit sur les bases du ministère de l’équipement et des transports, pourrait se trouver logiquement adjoint de l’Industrie, actuellement dépendant des finances [2], en plus  de chapeauter les missions de l'actuel ministère de l'environnement.

 

Nous tenons là  l’instrument positif qui permet de mettre en œuvre la re-ingénierie de l’État en lui donnant un sens des plus nobles: qui est contre le développement durable ?  Qui n’a pas applaudi des deux mains le pacte de Nicolas Hulot ?

 

Alain Juppé; ne boudons pas notre plaisir

 

La re-ingénierie de l’État est chose qu’on ne peut laisser au néophyte. L’erreur gèlerait toute velléité pour le reste du mandat. Cela  bousculera des grands corps d’État parmi les plus prestigieux tel ceux des Mines et des Ponts, ou Télécoms, dont l’ego n’a d’égal que la pesanteur de leur us : il faut donc leur opposer une personnalité à leur mesure.

 

Par ailleurs le symbole est important, il faut donner à ce ministère du développement durable, figure de proue de la ré ingénierie de l’État  l'ascendance d’un ministère régalien, pour asseoir son autorité en interne (sur les différents corps d’État) et en externe sur le public.

 

D’un point de vue politique à plus court terme, le but de l’opération est aussi de lui donner l’aura promise à la signature du pacte de Nicolas Hulot, ce qui à le mérite de faire bonne figure sur une promesse ou honnêtement on attendait peu de Nicolas Sarkozy : opération qui aura l’effet de préempter un domaine traditionnellement monopolisé par la Gauche. La manœuvre sera extrêmement difficile pour la gauche à contrer qui payera très cher son manque d’ambition en la matière [3].

 

 

On l’aura compris, Alain Juppé, ancien premier ministre, apporte cette aura, et l'autorité permettant de mener à bien l’opération de ré ingénierie, qui fera de ce ministère plus qu’un symbole [4]. Sans doute Nicolas Hulot n’en espérait pas tant.

 

Alain Juppé, même si cela lui est venu sur le tard, puisque l’homme a souvent été mal inspiré, n’ignore pas l’importance croissante des questions d’environnement dans lesquelles il s’ébroue depuis son séjour au Canada  Il verra là un domaine à sa dimension, lui permettant d’occuper le centre de gravité du  gouvernement, et ou il pourra laisser son empreinte durablement sur l’organisation de l’État.

 

Et puis, l’initiative de son ami Jacques Chirac sur les Nations Unis de l’environnement, laisse augurer d’une visibilité internationale offrant des opportunités d’avenir intéressante, pour Mr Juppé qui aura 72 ans en 2017.

 

Vers un ministère de la gestion des ressources naturelles ?

 

Bien sur, Mr Juppé voudra le périmètre le plus large possible pour son ministère, éventuellement incluant la gestion des ressources écologiques, c’est-à-dire l’actuel ministère de l’agriculture (et pêches).

 

Cela ne sera sans doute pas possible et n’est pas souhaitable. Les syndicats agricoles ont de solides arguments au maintien d’un ministre de l’agriculture, pouvant traiter à égalité avec ses partenaires  au Conseil des ministres de l’Europe. De plus les agriculteurs sont une réserve de voix de droite qu’il faut ménager, et il n’est pas sur qu’ils prennent avec flegme la subordination de leur service à celui du développement durable.

 

Il est portant tout aussi anachronique de conserver un ministère de l’agriculture concernant moins de 3.6% de la population active, ou encore moins de 750000 personnes. Mais il n’est pas forcément souhaitable de faire du ministère du développement durable un mammouth écrasant les autres ministères.

 

Il serait plus sage de compléter le ministère du développement par un ministère de gestion.  L’évolution du ministère de l’agriculture en un ministère de gestion des ressources naturelles ou écologiques serait sans doute la voie la plus aisée. Il reprendrait donc les missions du ministère de l’agriculture, augmenté de celle Eaux et Forêts (ONF), actuellement dépendant du ministère de l’environnement, mais aussi potentiellement celui du tourisme [5].

 

Bien sur, le gouvernement ne voudra pas effaroucher son électorat rural par quelque trop grande restructuration ministérielle, et ce grand ministère gestionnaire ne fera sans doute pas parti de la première mouture gouvernementale.

 

Il pourrait l’être à l’occasion d’un remaniement de mi-mandat, permettant de tirer les enseignement de l’expérience du ministère du développement durable, et d’utiliser ses meilleurs artisans pour mener à bien la mutation écologique du ministère de l’agriculture qui en le domaine à la fibre extrêmement sensible !

 

Cette mutation pourrait arriver fort opportunément dans la foulée des élections municipales, donnant prépondérance au vote rural, de 2008…


[2] Avec, l’industrie suivrait logiquement le commerce…bref l’économie, puisqu’elle est au cœur du développement durable. On retrouverait là un grand ministère rappelant notamment le METI japonais, qui a inspiré d’autre pays. On comprend aisément que le centre de gravité du gouvernement ne serait plus au ministère des finances. Le titulaire des finances publics devrait être une personne capable de faire passer cette pilule, tout en étant capable de bien travailler avec Juppé.

[3] Cela entre autre met en exergue l’archaïsme du parti socialiste en matière environnementale, qui n’a jamais pensé l’environnement autrement que comme une contrainte  politique avec laquelle il fallait faire avec. Cela était notamment manifeste sous Lionel Jospin, qui devait composé avec le paradigme productivistes des Communistes, vu comme une autre contrainte.

[4] Nathalie Kosciuscko-Morizet, nom souvent cité, n’a pas encore  les atouts et le charisme de Juppé pour mener a bien cette mission. Il est plus probable de la voir secrétaire d’État ou ministre délégué auprès de Juppé.

[5] On pensera à la préservation de la  faune sauvage qui est un moteur touristique, mais impose des contraintes sur l’agriculture ou l’élevage, voir notamment, "Au pays des Ours", http://enguerrand.over-blog.org/article-2621011.html 

Par Enguerrand - Publié dans : France
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