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Mardi 2 mai 2006 2 02 /05 /2006 09:37

Le 1er mai a été décrété « jour des immigrants » par des organisations essentiellement latinos.  Probablement plus de 500000 d’entre-eux, chiffre rarement atteint dans les manifestations outre Atlantique,  auront défilés dans les rues de Los Angeles ce jour comme lors des  « grandes marches » organisées le mois dernier, derrière les proéminents drapeaux mexicains quelque peu dérangeant dans une société très attachée à son drapeau [1]. le choix de faire du 1er mai un jour chômé pour les immigrants aux USA, comme il l’est au Mexique n’est pas nécessairement considéré comme des plus judicieux.

On pourrait verser comme élément à charge l’interview en espagnol d’un des portes paroles du mouvement sur la radio publique anglophone à Los Angeles [2] et de fait le mouvement est essentiellement « latino » [3]. Ceci étant la revendication première du mouvement est la régularisation des sans-papiers, qui sont, proximité géographique oblige, essentiellement d’origine latine.

Cette mobilisation sans précédent montre l'influence politique de l'immigration  aux États-Unis et permet de relativiser la situation française et surtout  tranche résolument avec l’apathie, à moins qu’il ne s’agisse d’un surprenant consensus, accueillant le projet de loi sur l’immigration présenté par Mr Sarkozy.

Pourtant, cette loi a une portée tout autre que celle présentée aux USA qui globalement ne traite que de l’immigration clandestine sans remettre en cause les principes généraux d’immigration, ce que fait la proposition de loi dite « Sarkozy » qui introduit une petite « révolution culturelle » dans l’approche française.

 

La « révolution culturelle » proposée par Mr Sarkozy s’inspire largement des pratiques canadiennes [4], notamment dans la sélection des immigrants, bien que la loi canadienne impose des critères objectifs et non discriminatoires [5] pour une immigration permanente là où la proposition française semble laisser cours à un dangereux arbitraire [6] pour un visa de 3 ans renouvelable [7]. Un autre élément saillant de la loi pourrait-être l’instauration d’une cérémonie d’accession à la citoyenneté, apportant solennité dans un acte important dans la vie d’un migrant, laquelle est calquée sur celle ayant lieu au Canada : accueil par un juge de citoyenneté en habit au Canada, préfet en uniforme en France, énoncé des droits et devoirs [8], serment d’allégeance, et entonnement de l'hymne national. Une Pratique qu'on retrouve aussi aux USA.

On notera que la sélection des immigrants ne constitue qu’un volet de la philosophie migratoire  canadienne qui porte aussi beaucoup d’emphase sur l’intégration de ces derniers, volet qui semble négligé dans la proposition française sinon par l’instauration d’un « contrat d’intégration » qui semble plus s’inspirer des pratiques germaniques et néerlandaises [9] qu’anglo-saxonne, et qui  éventuellement aurait du etre au centre de l'attention du législateur [10].
Sur un autre plan, on pourrait aussi s’interroger sur la curieuse dichotomie entre l’échelle de gestion de la politique migratoire (espace national) et celle des frontières (Espace Schengen) et par delà d
éplorer l’apparente absence de politique européenne commune sur le sujet…
 

Ceci étant, les changements apportés par la proposition de Sarkozy sont loin d’être cosmétique et mérite plus profonde étude [6] . On est aussi en droit de s’interroger de leur opportunité à ce stade de vie de la législature.


Pendant que certains reprochent à Mr Sarkosy de beaucoup parler et de ne pas agir, on peut aussi penser que l’UMP a été élu sur un programme d’inspiration chiraquienne et pas sarkosiste, et ce faisant, il n’a pas forcément la légitimité d’action lorsque celle-ci ne s’inscrit pas dans les contours dessiné par le programme présenté aux élections législatives de 2002. L’ampleur des changements philosophiques induit par la proposition de Mr Sarkozy, mérite plus qu’un débat parlementaire, et devrait faire l’objet d’une campagne électorale, qui si victorieuse, lui donnera effectivement légitimité, d’autant qu’à 11 mois d’une élection majeur, le calendrier s’y prête. Le contraire n'apporte qu'inutile précipitation.



[1] L’inconfort est tel que le maire de Los Angeles a lancé un appel aux manifestants leur demandant de ne pas venir avec un drapeau mexicain. Pour faire une analogie risqué mais permettant de saisir l’impression du citoyen américain : c’est un peu comme si les opposants à la loi sur la laïcité rn France avait défilé dans les rue de Paris derrière le drapeau algérien.

[3] On notera que les nombreux immigrants du continent asiatique brille par leur absence.

[5] On notera que les critères objectifs et non discriminatoire mis en place par le Canada font que 75% des sélectionné sont des homes, aussi le sexe est, ou sera, retenu comme critère de discrimination positive. On notera que la sélection selon le pays d’origine est considéré comme un critère discriminatoire au Canada (nul ne peut-être discriminé selon son origine).

[6] On lira à escient l’exégèse de la proposition de loi faite par Jules,  " Le projet de loi relatif  à l'immigration et  à l'integration (I)", et les billets subsequents sur  http://dinersroom.free.fr/index.php?2006/04/26/144-le-projet-de-loi-relatif-a-l-immigration-et-a-l-integration-i

[7] On reconnaîtra là la durée des visas "H1" renouvelable une fois pour les personnes qualifiés candidat à l’immigration aux USA (voir http://www.uscis.gov/)

[8] Le candidat à la citoyenneté canadienne se voit notamment remettre la chartre des droits fondamentaux.

[9] Aux Pays-bas, le candidat immigrant est interrogé sur le contenu d’une vidéo supposée représenter la société néerlandaise dans toute sa libéralité, elle contient notamment des femmes à la plage et un couple homo-sexuel s’embrassant . Cependant la scène d’homosexualité est exclue du matériel vidéo diffusé en Iran. Appellera t’on cela en France l’acceptation des valeurs républicaines ?

[10] Ce notamment en regard de la "crise des banlieues" de Novembre 2005

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Jeudi 4 mai 2006 4 04 /05 /2006 09:47

La Colombie Britannique est une province de l’Ouest canadien dont l’une des principales ressource en région est la sylviculture. Il est acquis qu’un pâturage ovin  des zones de coupe forestière favorise la reprise des plants. Fort de cela, la province a, depuis la fin des années 1980, favorisée l’activité pastorale sur les dites zones, comme une alternative aux traitements chimiques [1]. Le cas particulier de cette province est qu’elle figure comme l’une des régions les plus prédatées du monde. C’est là l’une des dernières réserves mondiales de Grizzli (animal protégé) et autre prédateurs tel que le chat sauvage ou le couguar, aux cotés desquels loup et ours noir font figure d’aimable compagnie. Néanmoins les pertes par prédation en estive sont extrêmement faible (<0.01%) ou pour être plus objectif, la prédation compte pour environ 3% des causes de mortalité [2].

Il est possible que les prédateurs canadiens soient beaucoup moins féroces que ceux rencontrés en France mais on pourrait aussi constater que la gourmandise du prédateurs  est proportionnelle aux subventions versées pour la perte de bête [3], et qu’au Canada le berger ne reçoit aucune compensation pour perte par prédation…

 

Dans la conception britanno-colombienne du pastoralisme, celui-ci doit clairement s’adapter aux contraintes du milieu et en aucun cas le modifier durablement. Le berger est lié par contrat à ces contraintes. On notera que la perte de bête par une attaque de Grizzly à pour conséquence extrême le retrait du troupeau de la pâture, voir une trop faible résilience aux prédateurs du troupeau peut entraîner la terminaison immédiate du contrat [4].

 

Pendant que ces clauses pourront paraîtres extrêmes, elles sont justifiées par le comportement du prédateur. Un prédateur assimilant une source de nourriture à l’activité pastorale reviendra invariablement et devient de fait dangereux pas seulement pour les bêtes mais aussi pour l’homme si il en devient familier. Un prédateur qui a obtenu pitance lors d’une première rencontre avec une activité humaine, se montrera toujours plus insistant et agressif lors des rencontres subséquentes [5]. C’est aussi pourquoi, au Canada, il est de manière générale formellement interdit de nourrir la faune, et évidemment la règle est aussi valable pour les bergers! Lorsqu’un ours trop peu farouche en vient à assimiler l’homme à la nourriture, il est invariablement abattu.

 

Si l’approche canadienne n’est pas totalement transposable à la France, il y à certainement matière à inspiration. Pendant que les bergers sont généralement gens d’éthique, comme dans toutes activités, on ne peut pas exclure qu’il puisse exister des comportements négligents, voir opportunistes en prenant avantages du cadre légal, tel la compensation de perte de bêtes (qui peuvent être de réforme), lors d’attaque avérées ou supposées par des prédateurs, ce en ne prenant pas les mesures protectrices nécessaires. Le problème est que ce faisant, le prédateur, loup ou ours, associant le pastoralisme à sa diète reviendra fatalement de manière plus agressive attaquer, sinon le même troupeau, un autre qui autrement n’aurait pas eut à craindre d’interaction d’un animal resté farouche, ce réduisant à quasi néant les efforts de protection des bergers consciencieux .

 

L’approche victimaire française par l’indemnisation des pertes de bêtes,  montre là ses limites et effets pervers. Ne serait-il pas plus approprié de reconnaître que la prédation représente un surcoût et de le refléter par exemple dans des contrats responsabilisant de location des estives?  Ce surcoût serait de l’ordre de 5-10% [6]. Ceci reconnu, charge au contractant de l’estive alors de prendre les dispositions adéquates afin d’éviter les contacts avec la prédation (présence de bergers à plein temps, enclos la nuit, chiens de berger et de garde [7], voir choix de race d’élevage approprié [8]), et reconnaissant qu’un troupeau trop peu résilient à la prédation peut compromettre le travail de tous, mettre en place des mesures correctrices et non indemnitaire.

 

Oui, la présence de prédation inclus un surcoût, mais celui-ci n’est pas foncièrement rédhibitoire. Le maintien de l’ours étant un choix de société [9],  il est naturel que celle-ci l’assume dans le but de ne pas introduire de distorsions de marché due à ce surcoût. On notera que le surcoût est essentiellement induit par le maintien de bergers en estive, ce qui est de nature à créer des emplois. Enfin l’attrait touristique indéniable procuré par la présence d’ours est de nature à favoriser une économie locale basée sur l’exploitation soutenable des atouts naturels du territoire ce qui est une opinion  partagée par nombre d'acteurs de terrain y compris en France [10]



[1]< T. Newsome, B. Wikeen and C. Sutherland, “Sheep grazing guidelines for managing vegetation on forest plantations in British Columbia”, Minsitry of Forests of, BC, 1995. http://www.for.gov.bc.ca/hfd/pubs/docs/Lmh/Lmh34.pdf 

[2] Compilation de chiffre issu de rapport annuel disponible sur http://www.for.gov.bc.ca/hfp/silviculture/sheep/index.htm, on notera que la totalité du cheptel est exposé à la prédation, et que le taux de mortalité du cheptel est deux fois moindre que celui constaté dans les  Pyrénées , ceci peut-être expliqué par des contraintes sanitaires plus importante sur les brebis envoyé en estive

[3] Il semble que les bêtes soient souvent remboursées de 2 à 3 fois leur valeur commerciale.

[4] Ceci étant l’une des inquiétudes majeures du ministère de l’environnement britanno-colombien est aussi la  transmission de maladie propre aux espèces domestiques aux espèces sauvages, et notamment à leur cousins autochtones non domestiqués de la région, et donc le rôle du berger est aussi d’éviter toute interaction avec la faune sauvage et non pas seulement l’exposition à la prédation.

[5] Ce type de comportement est propre à tous les animaux, et chacun peut tenter l’expérience avec un chien errant.

[6] On pourra consulter « Planning for profit », Ministry of agriculture food and fisheries, 2000 (http://www.agf.gov.bc.ca/busmgmt/budgets/budget_pdf/specialized_ls/ewe_graz_12_2000.pdf). On considère que la présence d’enclos,  chiens et berger participent au surcoût total de la zone prédatée, hors la réalité est plus contrastée, puisque le gardiennage du troupeau permet aussi de réduire la mortalité totale (cause autre que la prédation sauvage) par un facteur 10 (Pierre Verdet, « l’efficacité des patous démontrés », Sud Ouest, 16 Avril 2006) ce qui compense largement le surcoût introduit par l’entretien des chiens.

[7] On pourra trouver curieux qu’en France on ne fasse pas de différence sur les deux fonctions dévolues aux chiens en estive. Le chien de berger est associé au berger et permet de conduire et maintenir la grégarité du troupeau pendant que le chien de garde, typiquement Patou, est associé au troupeau, et il est souvent recommandé d’en utiliser 1 par 500 têtes. Les deux fonctions son complémentaires et nécessaires en zone prédatée, puisqu’un élément isolé est plus exposé à la prédation que le groupe. Aussi en d’autres régions du monde, il est utilisé des mules ou ânes qui aurait un impact positif sur la prédation.

[8] Des différentes races de moutons, certaines restent en troupeau plus naturellement que d’autre facilitant le travail du berger. L’auteur n’ignore pas que l’éleveur à d’autre contrainte dans le choix de race, mais c’est un élément à prendre en compte.  .

[9] On notera que ce billet n’aborde pas la soutenabilité du maintien d’une population ursine dans les Pyrénées. Il s’entend que ce maintien est possible seulement si le territoire prédaté est de nature à suffire au besoin alimentaire de cette population, en dehors d’interaction avec l’activité humaine. En ce sens il y a certainement une limite haute.

[10] Pierre Verdet, « Arbas, pays de ceux qui veulent l’ours », Sud Ouest, 16 Avril 2006. 

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Mardi 23 janvier 2007 2 23 /01 /2007 06:22

Jusqu’ici les médias canadiens parlaient de Ségolène royal comme une curiosité, mais elle vient de prendre une place centrale dans l’actualité après des déclarations mal avisées sur la souveraineté québécoise ce lundi, a faire dégeler le sirop d’érable [1], puisqu'elle affirme  avoir des affinitées avec le projet souverainiste québecois.

Le gouvernement canadien lui a en retour donné une sèche leçon de politique étrangère, lui indiquant qu’ « il était tout a fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d’un autre pays », ce par communiqué de presse.

 

Stéphane Dion, chef du parti libéral québécois, ainsi que Jean Charest, premier du Québec, et membre du PLQ, se sont joint au concert de critique dénonçant l’ingérence française dans les affaires intérieures canadiennes.

 

Cette curée légèrement sur jouée  était largement prédictible et ses prédécesseur, Jacques Chirac comme Philippe Seguin en ont en leur temps été l’objet [2]: il est de l’intérêt des fédéralistes canadiens de présenter le parti indépendantiste québécois, comme n’étant autre qu’un agent de l’étranger, un peu comme les adversaires de l’intégration de la Turquie à l’UE présente volontiers la candidature de cette dernière, comme parrainée par les USA (ou pour risquer une comparaison plus osée, Beyrouth assimilant le Hezbollah comme une phalange des gouvernements tantôt Iranien ou Syrien). Par ailleurs André Boisclair ne s’y est pas trompé, en minimisant la portée de la déclaration de Ségolène [3].

 

Considérant les récentes gaffes en politique étrangère de la candidate du PS, il n’était pas moins prédictible que ses adversaires allaient utiliser toutes réactions canadiennes afin d’instruire son procès en incompétence diplomatique.

 

Être interpellé sur la souveraineté québécoise au sortir d’une entrevue par son thuriféraire en chef, André Boisclair, était d’une logique implacable et aurait du être appréhendé: l’impréparation, dont la candidate a fait montre en est plus que déconcertante.

 

L’entrevue du lendemain avec Jean Pierre Elkabbach sur Europe1 [4] témoignera de cette légèreté : « j’ai en toute circonstance une parole libre et maîtrisé » fut sa première déclaration comme pour conjurer le sort. Ceci étant, suivant une tactique qui lui est propre, et peu honnête, elle a niée le sens de sa déclaration de la veille pour lui faire dire autre chose [5] . Si l’entrevue avec Jean Pierre Elkabbach a été certainement mieux préparé, en se rappelant le principe de « non ingérence, non indifférence » faisant office de ligne diplomatique [6] : celui-ci n’a pas été très développé [7]. De même la référence à la déclaration de Charles de Gaulle du balcon de l’hôtel de ville de Montréal en 1967, était  inévitable : l’esquive de la candidate,  n’était pourtant malheureusement pas convaincante.

 

Article post édité le 26 Janvier 2007.



[1]  voir  http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2007/01/22/002-royal-souverainete-boisclair.shtml.

 

[2] Les déclarations de Jacques Chirac en présence de Jacques Parizeau alors premier du Québec, en Janvier 1995, avait entraîné les sarcasmes adhominen de Jean Chrétien, alors premier ministre du Canada, ( http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/PointDeRupture/Chapitre_2_3.shtml ). La brouille avait été sans suite.

[3] À cet égard la gestion de l’entrevue d’André Boisclair avec Nicolas Sarkozy sera parfaitement ciselé : la longueur de l’entrevue, 45mn au lieu de 15, et la déclaration d’André Boisclair trouvant chez le candidat  de l’UMP , « qui comprend bien les enjeux québécois, qui est bien au fait de la situation québécoise », « un amour profond du Québec » profite pleinement aux deux protagonistes.

[5] Ainsi son soutien à la souveraineté et la liberté du Québec est devenu un soutien au peuple québécois qui vote librement et souverainement !

[6] Ce qui aurait dû être répondu au journaliste de Radio-Canada, Luc Chartrand.

[7] Rappelons que ce principe a été édicté en 1977 à la suite de l’accession du Parti Québécois, alors emmené par René Lévesque, au pouvoir au Québec, ouvrant la voie à  l’organisation du référendum de 1980 sur l’indépendance du Québec, et à depuis été étendu à la politique africaine de la France (notamment Congo et Burundi) notamment sous la législature de Lionel Jospin : il y avait la matière a appropriation et a renvoyé la droite a ses propres fantômes africains.

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /2007 10:01

On dira, elle est vraiment nulle cette Ségolène Royal de ne pas déjouer la mauvaise imitation de Jean Charest, premier du Québec. Elle ne connaît pas sa voix [1] : ce sera bien la preuve de son incompétence en politique étrangère !

 

Autant, sur la visite d’André Boisclair, leader du parti québécois, sa réaction témoignait d’un surprenant amateurisme [2]. Autant ici la réaction spontanée est intéressante, et éventuellement pourra la servir:

 

1-Parce qu’elle dédramatise correctement un incident

 

2-Parce que cela est symptomatique d’un acharnement du microcosme médiatique français  sur elle, qui est visiblement fatiguée. Les interviews d’elle sont édifiante par le ridicule des questions répétitives; Jean pierre Elkabbach qui lui demande quelle centrale nucléaire elle va fermer (sic) (voir reference en [2]), un autre qui lui demande combien il y  a de sous-marin en France (re-sic) (l’affaire serait effectivement grave car elle ne sait pas non plus de combien de vélos les postiers disposent, point sur lequel Besancenot lui est incollable) ; et par la soumission passive, de la candidate, qui inspire une pitié mêlé de gêne.

3, surtout parce que sur la Corse elle n’a  pas tort, et nombreux sont  ces Français qui trouveront au  moins normal que la question se pose, car a un moment il faut choisir : pourquoi devrait-on subventionner sans fin une île qui veut de moins en moins de « République française » chez elle?

Sarkozy, qui a participé a cette entreprise de démantèlement de la République « une et indivisible » au profit de la « spécificité insulaire » ne manque pas d’air quand il proclame que la « Corse c’est la République » et que la « France c’est la Corse » :  qui croyait sincèrement qu’il voulait remettre la France au travail se retrouve bien marri ;)



[1] on peut écouter la vraie et inimitable voix de Jean Charest ici http://www.locolocass.net/mp3/liberez-nous_des_liberaux_128.mp3

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /2007 07:37

On trouvera un article intéressant dans un journal Suisse [1],[2] sur la mise sous tutelle des medias français sous l’ère Sarkozy. Bien que l’article manque de preuve étayée pour en tirer des conclusions qui ne soient pas hâtives, il participe à la constitution d’un faisceau de présomption contre des pratiques qui n’ont pas leur place dans une démocratie digne de ce nom et qui expliquerait des pratiques comme détaillées récemment par Daniel Schneidermann [3].

On jugera utile de rappeler à cet égard les pressions exercées par le Ministre de l’intérieur  sur un éditeur pour l’empêcher avec succès de publier un livre intitulé « Cécilia Sarkozy, entre le cœur et la raison » [4]. On rappellera aussi le curieux limogeage de l’éditeur de Paris-Match, Alain Genestar, suite à la publication de photo de Cécilia Sarkozy accompagnée de Richard Attias [5], bien que l’éditeur eut par ailleurs obtempéré aux injonctions de Nicolas Sarkozy relative aux déclarations de Yannick Noah [6]. Richard Attias, nom qui ne sera que très rarement mentionné dans une presse française obséquieuse, tout comme le nom de la maîtresse de Sarkozy d’alors, Anne Fulda, journaliste au Figaro [7]. La relation intime que Nicolas Sarkozy, alors marié à Marie-Dominique Culioli, aurai eut avec Claude Chirac, dans les années 1980, ne fera la encore l’objet d’aucun approfondissement  par les médias français.

La vie sentimentale de Nicolas Sarkozy n’a que peu d’intérêt, mais on pourra penser néanmoins que le choix de ses conquêtes est loin d’être sintéressé, et confie éventuellement au mélange des genres.

Dans la France d’aujourd’hui, on ne s’étonnera pas que les journalistes féminines sur les télévisions d’État, partagent souvent leur lit avec des ministres (quitte à faire croire que ceci constitue une condition nécessaire à leur réussite professionnelle), comme c’est le cas pour Béatrice Schonberg ou Marie Drucker, et on s’offusquera du délit d’intrusion dans la vie « privé » pour dévoiler au « français d’en bas » une liaison publique que tout « français d’en haut » connaît [8].

 Il est regrettable que les relations endogamiques nourries entre les médias et les politiques sont a un point tel qu’elles entraînent la rétention d’information nécessaire au public afin de permettre a ce dernier de mesurer le degré potentiel de partialité de sa source journalistique. Ce serait faire preuve de déontologie que de révéler ses affinités avec tel ou tel figure publique, le contraire n’est que prétexte fallacieux [9].

On rappellera enfin que le présentateur du journal de 20h de TF1 à été annoncé par Nicolas Sarkozy [10] lui-même, sans compter que Jean-Pierre Elkabbach, d’Europe1, semble s’enquérir de l’avis du ministre à l’embauche de nouveau journaliste [11].

Dans ce contexte, l’article du Matin, semble corroboré des soupçons légitimes, et n’est malheureusement pas très étonnant.

On conviendra que de telles pratiques ne datent pas de 2002, la gauche n’étant pas exempte,  l’ère mitterrandienne notamment regorgeant d’exemple, mais comparaison n’est pas raison.

Le plus inquiétant peut-être est l’absence de dénonciation claire des pratiques incestueuses entre média et politique, et surtout l’absence de proposition politique pour refreiner cette fâcheuse tendance, tel le possible établissement de loi sur l’accès à l’information gouvernementale, de nature à éviter cette dérive qui est de communiquer de manière exclusive aux médias courtisans du pouvoir en place. Cela voudrait il dire que les potentiels candidats n’aspirent qu’à faire perdurer ces pratiques ?


[1] Ian Hamel,  «Mainmise sur la presse tricolore », Le Matin, 27 Janvier 2007, http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmatinheadactu/0/mainmise_sur_la_presse.html

[2] On pourra se reporter à http://dinersroom.free.fr/index.php?2007/01/29/334-chantage-et-delit-penal-contre-authueil-ii  pour les implications juridiques.

[3] Daniel Scheidermann, « Scandales jetables, mode d'emploi », Libération, Vendredi 26 Janvier 2007. http://www.liberation.fr/rebonds/230992.FR.php

[4]  Matthew Campbell, “ ‘Napoleon’ Sarkozy bars wife’s biography”, The Sunday Times, Nov. 20, 2005

”, http://www.timesonline.co.uk/article/0,,2089-1879879,00.html

[5] Adam Sage, “Minister’s friend sacks editor over photo”, The Times, June 20, 2006 article/0,,13509-2240633,00.html

ou

John Lichfield, “ 'Paris Match' editor under threat from the long arm of Sarkozy”, The Independent, June 22, 2006.

 http://news.independent.co.uk/europe/article1094705.ece .

[6] Colin Randall, “Sarkozy wins game, set and Paris Match”,Dec 22, 2005http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2005/12/22/wnoah22.xml

[7] Michel Janneret, “Anne Fulda, amoureuse peu discrète », Le Matin, 12 Novembre 2005. http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmatinheadactu/actu_monde/anne_fulda,_amoureuse.html

[9] En lieu et place, la presse nationale nous relatera des non évènements d’une pauvreté affligeante comme cet article de  David Revault D’Allonnes, « Lilian Thuram dîne avec Royal », Libération, Mercredi 31 Janvier 2007, http://www.liberation.fr/actualite/politiques/232019.FR.php

 

[10] Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts,  « Harry Roselmack sur TF1: Sarko avait l'info”, Libération, 9 mars 2006.

[11] “Sarkozy, conseiller en recrutement pour Europe 1”, Canard Enchaîné, 22 Février 2006.

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