Concours

Recommander

Dimanche 16 avril 2006 7 16 04 2006 20:44
Le député Jean Lassalle a entamé une grève de la  faim par crainte d’une possible « délocalisation » intra départementale [1] de 150 emplois, et loin de questionner le sens de la démarche du député, on respecte son engagement physique ultime dans un combat « politique » [2] et on s’extasie sur le succès du « héros » [3]. A-t-on la le Mahatma Gandhi du Béarn ?

D’autres, la plupart anonymes, se sont sacrifiés à tort ou à raison pour un idéal plus ou moins prosaïque. La grève de la faim du député Jean Lassalle avait un objectif beaucoup plus pratique: le maintien de 150 emplois dans sa circonscription, autrement menacés d’être délocalisés dans la circonscription voisine de Lacq !


Aussi douloureuse que puisse être la perte d’emplois et aussi faible soient les leviers pour les sauvegarder, la grève de la faim, de surcroît par un député, est elle une réponse proportionnée ? Si oui, la sordide échelle du sacrifice  viendrait elle alors à justifier plus ample sacrifice lorsque la reconnaissance même d’un peuple à exister comme nation est en jeu ?


Engager sa vie, là où il n’y a pas de vie à sauver, en vaut il le coup? Il y a certes la vie de la Vallée d’Aspe à sauver. Le tunnel routier du Somport, percé au coût de 1.4milliards de francs (1998) et financé par l’État, ne promettait il pas d’apporter prospérité économique en ce sens comme promis par ses inlassables thuriféraires emmenés par un certain Jean Lassalle? faut-il maintenant aussi maintenir sous perfusions directes des sites industriels privés
[4]?

Au-delà de la vallée d’Aspe, elles sont nombreuses ces régions rurales, vallées enclavées ou îles qui se meurent de la désertification économique. Le combat de Jean Lassalle vise t’il à apporter une réponse globale et alternative à une logique de l’aménagement du territoire qui est celle du marché, ou réclame t’il juste un passe-droit pour « sa » circonscription ?

Dans le premier cas, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’est manifestement trompé de parti, dans le second cas, on ne peut s’empêcher de penser qu’il abuse de sa fonction politique ?

Est-ce là le  rôle d’un député d’user de l’Assemblée Nationale pour porter des revendications locales aussi légitime soient-elles ? Le député n’est il pas là comme représentant de la Nation dans son ensemble pour légiférer pour l’intérêt général de cette Nation ?

En quoi une relocalisation des activités de Toyal-Europe d’Accous à Lacq
[1] affecte l’intérêt général?  Au contraire, l’entrave arbitraire faite aux investissements d’une entreprise, ce sous l’action extrême d’un député, ne nuit elle pas à la capacité de la France d’attirer des nouveaux investisseurs;  ce qui à terme affectera aussi la vitalité de la vallée d'Aspe?

Qui aura vraiment gagné dans cette nouvelle façon de faire de la politique ? 

 

 

[1] Nous parlons d’une délocalisation d’Accous à Lacq, communes toutes deux situées dans les Pyrénées Atlantiques et distante d’un effrayant 59km que le guide http://www.viamichelin.fr estime parcourable en 1h07.

 

 

[2] Voir notamment, Joseph Rossignol, « Jean Lassalle, respect ! », le Monde, 14 Avril 2006

 

 

[3] Déclaration de François Bayrou

[4] Voir notamment la lettre de Mr Sarkozy à Mr Imazu sur http://www.toyal-europe.com/fr/information.php# où l’État s’engage à prendre en charge le surcoût de l’implantation à Accous, non seulement par rapport à Lacq, mais aussi par rapport à n’importe quelle implémentation étrangère !

 

 

 

 

 

 

Par Enguerrand - Publié dans : France
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Bravo ! Je pense répondre ui à quasiment toutes les questions que vous posez dans cette note.
ND Paris,
Commentaire n°1 posté par Durand le 18/04/2006 à 13h54
ouaips
Commentaire n°2 posté par toto le 18/04/2006 à 23h05
Vu de votre planète libérale cela vous parait futile, vu d'un petit village où les personnes vont perdre leur emploi parce qu'ils n'auront pas les moyens de se déplacer...
Vous ignorez les difficultés de vivre avec de faibles moyens et de ne pas pouvoir s'offrir une bonne voiture qui tienne la route et/ou une nounou qui garde les enfants pendant que la mère qui élève seule ses enfants effectue + de 2heures AR pour aller travailler.
On peut évidemment se poser la question "une grève de la faim est-elle une moyen politique ?" ; pour ma part ma question est : pourquoi délocaliser à 60 km ; à  des milliers de km OK, mais à  59km ?
Commentaire n°3 posté par Val64 le 19/04/2006 à 00h34

Votre question est suffisament pertinente pour que Mr Imasu lui-même y réponde ds le Figaro du 19 Avril 2006 :

Imasu : «Toyal a été victime d'un procédé déloyal»

 
« Le gouvernement veut nous vendre le terrain proche d'Accous pour 1 euro. Mais nous devons étudier la faisabilité de notre projet là-bas, ses conséquences sur l'environnement et surtout sur le parc naturel tout proche. Il n'y a aucune structure d'urgence à Accous. Là-bas, il faut presque une heure pour que des pompiers ou des médecins se rendent sur les lieux en cas d'explosion. A Lacq, tout était prévu ! ».

Réponse de Enguerrand le 20/04/2006 à 04h42

Dans cette affaire, la question de la délocalisation est fut une invention grotesque de Lassalle. Il ne s'agissait que de la création d'une nouvelle unité et de... 6 emplois à Lacq.


Maintenant le projet est à l'eau, le député passe pour un héros des temps moderne grâce à la presse parisienne qui a baclé le sujet,  et les japonais ont la sensation, de s'être fait avoir....


Affaitre à suivre dans les prochaines années...

Commentaire n°4 posté par David Castéra le 24/04/2006 à 16h08

vallée d'aspe: 2800 habitants


combien il y a 50 ans?


 


ayez le courage de dire: la vallée d'aspe est finie, closed.............on lache les ours, pas les sangleirs ils sont déja lachés , on fait un joli grillage à son entrée et des safaris..................mais alors dites le! un peu de courage que diable!

Commentaire n°5 posté par pescaou le 29/04/2006 à 23h04

Je ne mésestime pas le problème qui est loin d’être circonscrit à la vallée d’Aspe, et mon billet en fait état :

« Au-delà de la vallée d’Aspe, elles sont nombreuses ces régions rurales, vallées enclavées ou îles qui se meurent de la désertification économique. Le combat de Jean Lassalle vise t’il à apporter une réponse globale et alternative à une logique de l’aménagement du territoire qui est celle du marché, ou réclame t’il juste un passe-droit pour « sa » circonscription ? »

 
Et je ne vois ni chez Mr Lassalle, ni dans son parti (UDF), une ébauche de réponse politique à ce problème qui est effectivement très sérieux, ce qui ne veut pas dire qu'il y en a pas...mais est-ce qu’une grève de la faim ici, une immolation là, offre des solutions sérieuses et pérenne ?

 

Réponse de Enguerrand le 30/04/2006 à 11h49

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus