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Mercredi 11 avril 2007 3 11 /04 /2007 07:03

La mondialisation amène des biens importé de  pays n’offrant pas la même couverture sociale qu’en France, couverture qui a un coût, lequel est intégré dans celui du produit, ce qui donnerait un avantage compétitif au pays à faible couverture social. C’est le « Dumping social ».

On notera que le « Dumping social » est difficile à définir, car ce n’est pas parce qu’un état n’assure pas ou peu de protection sociale, que ses salariés n’en bénéficie pas à titre privé, ce qui pèse sur les salaires et donc sur les coûts de production. On s’accordera à dire qu’on n’a jamais parlé de « dumping social » pour expliquer la compétitivité de Boeing vis-à-vis d’Airbus…et pourtant !

Cependant, c’est pour combattre les effets du dit « dumping social » que la TVA dite « sociale », à l’image de ce qui se fait au Danemark (TVA à 25%) a été introduite dans le débat public.

Si le prétexte à son introduction est relativement spécieux, est ce que l’idée est mauvaise pour autant ?

L’idée consiste à transférer des charges sociales pesant sur le coût du  travail, vers la consommation: On trouvera de nombreuses critiques sur ce transfert que l’on peut résumé essentiellement à

D’une part :

-Cela fera augmenter les prix et donc réduira le pouvoir d’achat des consommateurs et une conséquence sera une augmentation des salaires qui renchérira les coûts de production.

Critique fallacieuse s’il en est, car si effectivement une augmentation de TVA se traduit par une augmentation de prix, l’augmentation des salaires permise par le transfert de charge, permettra de plus que maintenir le pouvoir d’achat des salariés sans pour autant renchérir le coût du travail (ce grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale).

L’honnêteté reviendrait à dire que l’opération est au pire blanche, pas tout à fait car elle est plus favorable aux secteurs fort consommateur de masse salariale (services). Cela revient à une dévaluation monétaire car renchérissant le coût des biens importés et réduisant les coûts à l’exportation [1], ce qui ne serait pas permis par un transfert vers l’impôt sur le revenu qui est une autre option possible.

D’autre part :

-Il est injuste de faire reposer le coût de l’assurance sociale sur les consommateurs, voir les étrangers, plutôt que sur les assurés et la TVA est un impôt régressif qui frappe plus lourdement les « petits ».

Si on veut suivre cette logique, on notera qu’une grande parti des inactifs (les retraités) ne participe pas au financement de l’assurance maladie, et pourtant en bénéficie. Et si on veut pousser cette logique d’assurance plus loin, les cotisations ne devraient pas être assise sur les salaires, mais sur les risques.

Il y a en fait deux raisons moins prosaïque en soutien de ces assertions, la première avancées par les milieux libéraux français et la seconde par les milieux syndicalistes et que la gauche a fait sienne.

Les libéraux sont favorables à un régime de couverture sociale privé, et la dilution de son financement via des prélèvements indirects, rend la perspective plus difficile à mettre en œuvre, pendant que les syndicats y voient eux une perte de légitimité de leur gestion paritaire des organismes sociaux.

En réponse à l’inquiétude syndicale, on notera que la CSG [2] s’applique à tous les revenus sans que cela n’ait remis en cause la gestion paritaire, modèle issu de 1945, époque où la représentativité syndicale était autre que ce qu’elle est aujourd’hui et qui ne trouve par ailleurs aucun équivalent en Europe, la norme est plutôt le financement du modèle social par l’impôt « généralisé » [3]. D’autre part, il s’agit d’un transfert qui ne pénalise pas les « petits » salariés, mais pourrait effectivement se faire au détriment des non-salariés (retraités).

 

Pour l’exemple , une réduction de charge de 6 points pour la part salariale et de  6 autres point pour la part patronale, représentant environ 30 Milliards peut-être compensée par une hausse de 3 points de la TVA.

 

L’élargissement de l’assiette de prélèvement permise par le transfert vers la TVA, permet clairement et significativement  d’abaisser le coût du travail  tout en maintenant, sinon augmentant le pouvoir d’achat des salariés, et ce en ne transférant aucunement des charges liés intimement au travail (cotisation retraite et assurance chômage), mais au contraire des charges, liés à des prestations sociales collectives ouvertes à tous, comme les Allocations familiales ou le fond logement, et dont on ne voit pas pourquoi elles devraient faire l’objet d’un financement spécifique par le salariat [4].

Du fait de gain sur le coût du travail, l’augmentation de prix résultant serait probablement inférieur à 3%, et en fait plus près de 1%, voir nulle pour les bas revenus dont l’essentiel de la consommation est taxé à 5.5%, qui ne bénéficierait que des effets positifs de la réforme.

 

Des mesures comme le relèvement des « petites » retraites [5], dont le coût peut-être estimé à 1 milliard d’€ (c'est-à-dire ~3% des transfert), pour compenser la diminution de  pouvoir d’achat des non-salariés (notamment inactif retraités) pourraient être nécessaire rendant les gains salariaux un peu moindre, mais on reconnaîtra que la marge de manœuvre est grande.

 

On est donc loin d’une opération blanche, comme l’exemple danois le confirme.

 

Pourquoi alors se limiter à 3% ?

 

Car il ne faut pas introduire non plus trop de distorsion avec les pays voisins :

L’Allemagne augmentant sa TVA de 16 à 19%, l’écart en point avec la France serait conservé ce qui maintiendrait le statu quo actuel [6]

Chacun reconnaît que le coût du travail est un frein à l’emploi, et son abaissement, à pouvoir d’achat maintenu, est de nature à favoriser celui-ci.

Si l’on exclut le cas de Dominique Strauss Kahn [7] qui suit la discipline du PS, il est curieux que mis à part François Bayrou, aucun autre candidat, n’a franchement proposé cette TVA « sociale ». On est ici dans un parfait exemple où la collusion d’intérêts fort divergents, neutralise d’une part l’UMP, et d’autre part le PS ce qui conduit à l’immobilisme actuel sclérosant la société.

Dans ce contexte, l’intérêt soudain de Nicolas Sarkozy pour la mesure est bienvenue, on regrettera le manque de témérité de François Bayrou sur un sujet il est vrai difficile à vulgariser et on se gaussera à juste titre de voir les thuriféraires du modèle nordique venir maintenant nous expliquer que cette TVA sociale ne peut pas marcher en France ! 

[1] ce qui est effectivement le cas comme on le verra plus loin (dévaluation, méthode plus directement utilisé par les USA afin de maintenir l’activité économique à flot)

 

[2] Introduite par Michel Rocard en 1991, et déjà en sont temps mal accueilli et par la droite et par la gauche syndicale

[3] Norme en fait à laquelle tend doucement  la France avec la CSG constituant déjà 20% des ressource de la sécurité sociale

[4] Pour voir quelle charges peuvent être concernées, voir l'éxotisme des prélèvements à http://www.net-iris.fr/indices-taux/4-taux-et-assiette-des-cotisations-sociales.php

 

[5] Voir http://www.debat2007.fr/index.php?id=23 pour le coût de queque mesure phare proposée par les candidats à la présidentielle

[6] On notera que dans les pays Nord Américain, et à l’intérieur même des pays, l’écart en point sur les taxes de ventes peuvent être de plus de 14 points, comme par exemple entre l’Oregon et l’État de New York aux États-Unis ou de 7 points entre la Colombie-Britannique et l’Alberta aux Canada.

[7] Yves de Kerdrel, “La TVA sociale est elle une panacée”, le figaro, 13 mars 2007.

Par Enguerrand - Publié dans : France
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Commentaires

"Critique fallacieuse s’il en est, car si effectivement une augmentation de TVA se traduit par une augmentation de prix, l’augmentation des salaires permise par le transfert de charge, permettra de plus que maintenir le pouvoir d’achat des salariés sans pour autant renchérir le coût du travail (ce grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale). "


Je vous trouve bien hardi pour parier que le transfert de charge entrainera une augmentation des salaires dans les mêmes proportions. Ca fait malheureusement bien longtemps que les salariés ne sont plus les premiers à bénéficier des économies réalisées par les entreprises, là est je crois notre principal point de différence.


"D’autre part, il s’agit d’un transfert qui ne pénalise pas les « petits » salariés, mais pourrait effectivement se faire au détriment des non-salariés (retraités).  Pour l’exemple , une réduction de charge de 6 points pour la part salariale et de  6 autres point pour la part patronale, représentant environ 30 Milliards peut-être compensée par une hausse de 3 points de la TVA."


Reste à savoir qui profite de quoi. Pour ma part, je veux bien croire (même si je n'y crois pas :)) que les salariés auront la compensation par la hausse des salaires. Reste que même avec cette hypothèse, les gros salaires qui épargnent (ou investissent détaxé) plus qu'ils ne consomment "gagnent plus" que les petits salaires qui consomment tout ce qu'ils gagnent.


Bref, cela me parait être une mesure telle que je l'ai décrite dans l'article que vous avez commenté pour m'indiquer cet article fort bien détaillé : proche de l'escroquerie pour les salariés modestes. Je reste toujours sceptique car de nombreuses hypothèses de base me paraissent bien "improbables" ou tout du moins bien "incertaines". Que ce soit donc l'augmentation des salaires, que ce soit le fait que les "pauvres" consomment surtout à 5,5% ou que ce soit le résultat sur l'inflation...


 

Commentaire n°2 posté par Werdok le 11/04/2007 à 08h44

Comme indiqué dans l’article,  la hausse de 3 points  de la TVA peut-être notamment compensé par 6 point de baisse des charges salariales : celles que l’on voit sur la feuille de salaire : le salaire brut restant le même, le salaire nette est augmenté de plus de 6%.


Croyez  vous vraiment qu’un  employeur va s’amuser a baisser le salaire brut de son employé suite a une baisse de prélèvements sur ce dernier ?


6 points de baisse de charges salariales qui profite par définition a l’employé


6 points de baisse de charges patronale qui profite par définition à l’employeur, marge de manœuvre qu’il dégage pour absorber la hausse de la TVA (ce qui contiendrait l’inflation a moins de 3%, comme expérimenter en Allemagne).


 


Les produits taxé à 5.5% concernent une consommation qui n’est pas proportionnelle au revenu (alimentation…) et la proportion consacrée a ce type de consommation est plus élevé sur les bas revenu : l’Insee pourrait probablement apporter des précisions.


Que les gros revenus consomment plus, c’est un fait! Mais ils consomment proportionnellement  plus a une TVA ~20% que les petits revenus. Par ailleurs les revenus les plus élevés ne sont pas très concernés par la baisse des charges, car les hauts revenus en général ne sont pas essentiellement  salariaux  (prime, revenu mobilier et immobilier…), et donc ne voit que le coté pénalisant (hausse de 3 point de la TVA), c’est d’ailleurs pour cela que la TVA peut être augmenté de 3 points seulement pour compenser une baisse de charge de 12 points ! et c'est ce qui fait que la mesure n'est  pas regressive.


 


Mais vous avez raison, la TVA n’est pas un impôts progressif, ceci les charges sociales ne le sont pas non plus, puisqu’elle sont payé au même taux quelque soit le salaire (et la situation familiale) de l’employé, pire, les cadres qui touchent une proportion non négligeable de revenu non salarié échappent à ce prélèvement qui loin d’être progressif est régressif…et pourtant défendu par une gauche qui n’est plus l’ombre que d’elle-même !


 


Pour être honnête, un transfert des charges sociales vers l’impôt sur le revenu serait largement plus souhaitable que vers la TVA. La France est le pays de l’OCDE où l’impôt sur le revenu, le seul progressif, est et de très loin, le plus faible (Fabius y a contribué), ceci étant on perd l’avantage de dévaluation compétitif permis par le transfert sur la TVA, ce qui fait qu’économiquement c’est moins efficace.


Ceci étant l’un n’empêche pas l’autre !


..tjrs est il que la gauche refuse tout transfert de ces prélèvement régressifs  que constituent les charges sur l'emploi salarié vers d’autres assiettes fiscales y compris lorsqu'elles sont progressive: c'est extremement regrettable!

Commentaire n°3 posté par Enguerrand le 13/04/2007 à 08h55
Vous militez donc pour une augmentation de l'impôt sur le revenu ?
Commentaire n°4 posté par Vincent Carel le 14/04/2007 à 00h27

Disons que je milite pour une baisse des charges sur l’emploi...


...et que de tout les prélèvements, l’impôt sur le revenu, progressif est socialement l’un des plus juste et qu’il est en France beaucoup moins élevé qu’ailleurs (ailleurs incluant ces paradis « fiscaux » que sont les USA ou l’Angleterre)

Commentaire n°5 posté par Enguerrand le 14/04/2007 à 07h08
le reve americain = une bouteille d'eau. Cours petit Irakien

http://www.youtube.com/watch?v=m9A_vxIOB-I
Commentaire n°6 posté par hailtothethief le 26/04/2007 à 13h12
Ce qu'il faut bien comprendre quand on parle de "TVA sociale" c'est qu'il ne s'agit pas de fiscalité mais de la manière dont vont être prélevé les fonds pour alimenter la caisse de sécurité sociale, c'est à dire de la même façon que la TVA. Il aurai été plus juste de parler de contribution sociale par la consommation.
Il ne s'agit pas de diminuer les cotisations seulement patronales mais toute cotisations.
N'étant pas fiscale, elle n'est pas contraire à la politique européenne mais, avantage, peut être modulé suivant les produits que l'on veut mettre en avant suivant la politique choisie.
Pour ce qui concerne le reste vous en connaissez les avantages.
Commentaire n°7 posté par pascalbx le 29/11/2008 à 21h47

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