Le ministère de l’intérieur ou de la sécurité publique détient la clé de la réussite des réformes de Nicolas Sarkozy.
En effet nul doute que ces dernières, pour certaines bousculant de fort corporatisme, engendreront de profonde hostilité de la part des corporations concernés, et on le sait les manifestations, soigneusement noyauté pour mieux les discréditer, peuvent aussi engendrer quelques incontrôlable débordements. Notamment ces périodes tumultueuse incite à grande prudence :
Rien de tel qu’une manifestation gauchement réprimée pour enterrer une réforme !
Nicolas Sarkozy qui a de grand dessein pour l’université, se rappellera de l’affaire Malik Oussekine [1], dommage collatéral de la politique de sécurité du couple Pasqua/Pandraud, qui enterrera la réforme Devaquet sur la sélection à l’université, laquelle est au programme de Mr Sarkozy.
Pour ce faire, Nicolas Sarkozy voudra garder la haute main sur le maintien de l’ordre.
Claude Guéant, son éminence grise, est l’homme de la situation : son curriculum est impressionnant et ses réseaux aussi influent qu’important.
Affichant une image de fermeté, sans être provocatrice, il est peu disert, mais efficace. Collaborateur de Sarkozy, c’est un gage de continuité dans un ministère ou le bilan, à tort ou a raison, est bien perçu par les français.
Des impondérables externes trouble ce bel ordonnancement :
Claude Guéant lui-même, homme de l’ombre, pourrait préférer un poste de pouvoir moins exposé, mais non moins redoutable, qui est celui de secrétaire général à l’Élysée, où il serait difficile de trouver un remplaçant.
Brice Hortefeux, pressenti par les médias, pourrait être un choix risqué : la fidélité ne remplace pas la compétence, et ce n’est pas faire injure à Mr Hortefeux, de dire qu’il n’a pas forcément l’expérience et surtout la carrure pour ce poste stratégique eut égard au programme gouvernementale et l’État de la France. L’Équipe Élyséenne de par son cursus, ne pourra s’empêcher d’interférer dans la conduite du ministère : cela est de nature à froisser les susceptibilités d’un fidèle de longue date et la confiance qu’apporte la fidélité peut être mieux récompensé à d’autres postes. DE plus, d'autre prétendant rendre l'hypothèse Hortefeux peu probable:
L’épine la plus problématique pourrait être Michèle Alliot Marie
Mme Alliot Marie est une incontournable du prochain gouvernement.
D’une part, Mr Sarkozy s’est engagé à une certaine parité dans la composition du gouvernement, qui pour être pris au sérieux demande au moins une femme à un ministère régalien : une main suffit largement à compter les prétendantes sérieuses.
D’autre part, Mme Alliot Marie à été la seule potentielle candidate sérieuse à contester l’omnipotence de Mr Sarkozy à l’UMP. Elle représente donc un signe d’ouverture interne à l’UMP, évitant quelques fâcheuses mutineries d’une piétaille qui se sentirait autrement méprisé parce qu’ayant exprimé quelque position discordante avec leur chef, et à l’extérieur de l’UMP, elle colporte une image de parti uni sans être nécessairement asservi, à son chef.
De ce constat, Mme Alliot Marie, est en position de force pour réclamer un poste à sa mesure. Elle ne voudrait pas rester enfermer à la Défense, d’autant plus que la potentielle création d’une cellule de sécurité, pourrait rogner ses prérogatives.
Elle visait les affaires étrangères, auquel Mr Kouchner lui sera préféré [2]. Le ministère de l’intérieur serait un second choix qui lui sera difficile de refuser.
On pourrait penser qu’elle aura exprimé ce choix pour un ministère exposé plus par goût de contrarié la stratégie de Sarkozy, que par dessein personnel : le ministère des Finances eut été plus approprié, et celui de la Justice non dénué d’intérêt, bien qu’offrant une moins exposition médiatique... Ce à moins qu’elle ne craigne de basses opérations de déstabilisation visant une potentielle premier ministrable, et voit, à l’exemple de son illustre prédécesseur, la Place Beauvau, comme le poste avancée permettant de déjouer voir contrôler quelque basse manœuvre.
Mr Sarkozy, ne lui offrira l’Intérieur qu’obligé par les contingences du moment. Il pensera à raison, que depuis l’Élysée, Claude Guéant, appuyé par ses solides réseaux, pourra toujours contrôlé le fonctionnement de ce ministère, et dirigé d’occulte cellule de crise lors des inévitables jacqueries qui agrémenteront son mandat.
La nomination de Mme Alliot Marie à l’Intérieur n’est pas sans intérêt pour Sarkozy. Ses prétentions de premier ministrable l’oblige à un ministère dépourvu de bavures incontrôlé, et si tel était le cas malheureux, elle ferait un fusible d’autant plus aisé qu’il existe une solution de rechange disponible en la personne de Claude Guéant.
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