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enguerrand

Jeudi 15 mars 2007 4 15 03 2007 08:01

Alternative Libérale [1], c’est le nom d’un jeune parti fondé par quelques personnes dans la poursuite d’une association, Liberté chérie, fondée en 2001. Quelque part, c’est déjà faire preuve de courage que de s’assumer « libéral » en France, et en ce sens la démarche d’ Edouard Fillias, son jeune président, quelqu’un de policé, avec d’indéniable qualité de débatteur, et aussi doué en « marketing » est fort respectable. Se présentant aux élections présidentielles, il a eut l’occasion de faire des apparitions télévisuels ça et là, tantôt présenté comme un « libéral-libertaire », tantôt comme un « ultra libéral ».

Le courant libéral étant extrêmement faible dans l’hexagone, on pardonnera la difficulté des présentateurs télévisuel, peu au fait des différents courants libéraux, à l’identifier pour ce qu’il est, un « libertarien » [2], comme en témoigne la plateforme idéologique du parti.

Le parti est parrainé par Alain Madelin [3], mais il n’est pas le successeur de Démocratie Libérale, aujourd’hui fondu dans l’UMP [4]. Pour cause alors, que le libéralisme d’Alain Madelin se limite à la sphère économique, celui d‘Alternative Libérale s’étend aussi à la sphère sociale.

C’est ainsi qu’AL, en plus de reprendre le credo économique d’Alain Madelin, se prononce pour la dépénalisation du cannabis, le mariage homo-sexuel (ou plutôt la non ingérence de l’État ds un contrat liant des personnes), ou encore contre la loi sur le voile, et  contre le CPE, sur un argumentaire peu développé en France, sinon sur ce blog [5].

 

Néanmoins, ce qui fait l’essence libertarienne d’AL est plus l’idéologie militante que la plateforme affichée par ses dirigeants, qui par exemple propose une mesure surprenante de revenu minimum sans condition de ressource (chose peu madeleniste). Pendant que la plateforme d’AL ne définit pas réellement le périmètre de l’État idéal, la politique fiscale (« flat tax » [6]) laisse néanmoins transparaître quelques idées.

 

La présence Internet importante de ce parti, montre des militants plus fédérés par la « haine » de l’État « omnipotent » et de l’ « assistanat », que par une adhésion effective aux valeurs libérales. On retrouvera donc une base militante à celle qui constituait celle de DL, et pour cause le fondateur de l’AL est issu de l’UNI, et malheureusement ne dédaigne pas utiliser des  procédés poujadistes [7].

 

On notera que ce petit parti semblera étonnamment bien représenté à l’étranger vu sa taille. Le lecteur doit savoir que l’expatrié est naturellement poreux aux idées libérales d’autant que celles-ci sont souvent mises en œuvre dans les pays d’accueil de ce dernier : C’est ainsi que le score d’Alain Madelin a été de l’ordre de 8 à plus de 10% dans les consulats d’Amérique du Nord, là ou il faisait moins de 4% en métropole lors de l’élection présidentielle de 2002.

 

On ne sera donc pas étonné de voir, faute de parrainage suffisant, la jeune direction de ce parti rejoindre l’UDF, à l’instar de ces prédécesseur (PR puis DL avant 2002), qui en plus d’offrir de meilleures opportunités a la mesure des ambitions affichées, représente  l’idéologie naturellement la plus proche: économie d’essence libérale, sans l’ordre moral et autoritaire porté par l’UMP. Ceci sans doute créera une scission avec la base, dont les motivations pourraient beaucoup plus relever de la droite dure que libérale. Cela ne devrait pas avoir de conséquence sur le futur d"Edouard fillias qui est appelé a suivre l'exemple d'Alain Madelin au sein de l'UDF, avec comme atout indéniable sur ce dernier de ne pas avoir flirté avec des groupscule extremiste tel Occident.



[4] On se reportera plutôt à http://www.cerclesliberaux.com

[5] “Le CPE, un problème de forme plus que de fond”, http://enguerrand.over-blog.org/article-2458874.html  

[6] Sur l’exemple l’impôt sure le revenu mis en place par Poutine en Russie

[7] Tel Pierre Poujade, qui avait décrété la grève de l’impôt en 1955, Edouard Fillias à lancé un mouvement de grève de cotisation sociale, http://www.jetequitte.fr 

Par Enguerrand - Publié dans : enguerrand
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Lundi 9 avril 2007 1 09 04 2007 07:13

Une récente controverse a éclaté: le visage de Mahomet a été flouté dans un  manuel scolaire de 5ieme édité par Belin [1]! La controverse illustre l’étrange relation que la société française affiche vis-à-vis de l’islam.

Le fait que le prophète soit représenté dans un manuel scolaire, viole un credo religieux habituellement respecté et est de fait probablement offensant pour  les croyants musulmans. A moins d’avoir une faible connaissance de l’islam, il est difficile à l’éditeur de l’ignorer tant cet interdit est prégnant dans la culture islamique.

Certes, L’école doit mener a bien sa mission éducative, mais sans tomber dans les excès du « religieusement correct », qui est appliqué avec juste mesure lorsqu’il s’agit de religion chrétienne, la représentation du prophète est il un matériel pédagogique indispensable et à l’enseignement? En la matière, peut on éviter les offenses [2] inutiles pour se concentrer sur le fond de l’enseignement ?

Voir, cette représentation contraire au credo musulman n’induit t’elle pas une conception erronée de la culture islamique ? 

L’éditeur a choisi une miniature du XIII, sans doute persane, puisque globalement ce type de miniature se retrouve circoncit à la perse pre-chiite. On conviendra que ce type de miniature localisé géographiquement et temporellement (à une école théologique sunnite marginalisé à partir du XV en Iran) est loin de représenter la culture musulmane dans sa globalité,  et notamment l’héritage religio-culturel dont peu se réclamer les musulmans de France qui trouvent leur origine  plutôt au magreb.

 

L’interdit de représentation de Mohamet qui découle d’une interprétation des 10 commandements biblique [3], lesquelles interdisent en fait quelques images que ce soit, conduira à la spécificité de l’art islamique qui aura atteint son apogée sans doute vers le XVième siècle.

Il inclus bien sur des miniatures ne représentant pas Mohamed, mais « ses vêtements seulement », et surtout l’art géométrique, qui fera appelle à des concepts mathématiques extrêmement avancés tel les géométrie  « quasi cristalline » ou de Penrose, dont les secrets n’ont été percé que récemment [4].

Le Tombeau de l’Iman  Darb-i construit en 1453 à Ispahan, Iran, est un des témoignages les plus flamboyant de cet art géométrique. Il est l’illustration qu’un commandement religieux peut conduire au développement et perfectionnement de tout un art ignoré dans d’autre civilisation non soumise a pareil orthodoxie, et de ce fait à une valeur pédagogique autre qu’une miniature offensant un credo religieux, et qui pourrait même être recoupé avec le professeur de mathématique.

 

Par ailleurs, Les miniatures ne représentant pas Mahomet, mais « ses vêtements seulement » sont légions et auraient été une alternative nettement plus heureuse que la  censure, maladroite et ridicule, d’une œuvre d’art qui laisse une image de l’islam, comme censeur de l’art ou l’information au nom de la religion.

 Les choix de l’éditeur sont extrêmement regrettable. Loin de contribuer à une ouverture à une meilleure compréhension des élèves à la culture islamique, ils insufflent une image fausse et négative de celle-ci, favorisant les amalgames.

Cela est extrêmement dommageable, et il reste regrettable que les manuels d’histoire français fassent l’impasse sur des pans entiers d’une civilisation, qui ne trouvent pas d’équivalent dans la civilisation occidentale.

 

La crucifixion du Christ,Vième, collection du British Museum, Londres (illustrant une réponse a un commentaire), post édité le 10 mars 2007.

[1]Catherine Rollot, « Mahomet "flouté" dans un manuel d'histoire pour les collèges », le Monde, 7 Avril 2007.

[2] Notons bien que l’on ne se situe pas dans le cas de figure de Charlie Hebdo et des caricatures de Mahomet ou la liberté de la presse etait en cause, mais dans celui de l’école qui doit être la plus inclusive possible et dont le rôle, surtout si elle se réclame « laïque », n’est pas de juger du bien fondé ou non des différents credo religieux dans la limite ou ceux-ci ne sont pas incompatible avec le contenu des programmes éducatifs ou le bon fonctionnement de l’institution scolaire.

[3] Ce qui interdit aux Chrétiens de représenter dieu... et qui lors de la réformation conduira à l’austérité des églises protestantes.

[4] Peter J Lu, “Islamic tiles reveal sophisticated maths”, Nature, February 2007

Par Enguerrand - Publié dans : enguerrand
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